‹ Magasin théâtralChapitre 1606 sur 1711 · BERNARD, LE CONSEILLER D'ORBESSON, LE MARQUIS · texte numérisé non relu

BERNARD, LE CONSEILLER D'ORBESSON, LE MARQUIS

Ces deux derniers entrent par Tarcade et continuent une conservation commencée. En les apercevant , Bernard s'est retiré au fond.

LE MARQUIS*

Ainsi, mon cher monsieur d'Orbesson, vous n'avez rien trouvé à redire au contrat?

LE CONSEILLER

Pas le plus petit mot Le notaire a saisi on ne peut mieux nos intentions réciproques. Les intérêts de votre pupille, ceux de ma fille sont parfaiteraentgarantis. {Souriant,) Je défierais le pro-

Le Marquis, le Conseiller.

cureur le plus habile de trouver dans cet acte important matière au plus petit procès.

LE HARQriS.

Je m'applaudis d'avoir conçu l'idée de resserrer par le mariage de votre Glle avec Léon les liens de famille qui existent déjà entre ces deux enfans.

LE CONSEILLER

Heureuse idée vraiment, puisqu'elle confond leur fortune respective ; je me plais à croire qu'eux-mêmes ils ne pourront aussi qu'y applaudir lorsqu'ils se connaîtront.

LE MARQUIS, à part.

S'il savait qu'ils se connaissent déjà. {Haut.) Je me rends caution pour mon pupille, mon cher conseiller; son impatience est grande, je vous le jure. Vous ne sauriez vous imaginer comme il pressait mon départ pour Paris, et combien notre arrivée au château le comblera de joie; il compte les momens.

LE CONSEILLER

Impatience bien naturelle et d'un excellent augure pour l'hymen qui se prépare... {Avec un sérieux comique.) Nous ne ferons pas long-temps attendre notre jeune duc; le contrat est dressé, tous nos préparatifs linis; dans quelques heures nous montons en voiture avec Lucie et le notaire, et cette nuit nous serons au château de Verneuil. Mais pardon, monsieur le marquis, tout en nous entretenant de nos affaires, je n'ai pas remarqué où je vous conduisais.

LE MARQDIS, regardant autour de lui.

Nous sommes au Châtelet.

LE CONSEILLER

Oui, monsieur le marquis ; j'y viens parce que, chargé de l'instruction relative à ce jeune homme qu'on a trouvé assassiné au Bourget, je ne puis m' absenter de Paris sans avoir obtenu au préalable la permission de M. le premier président, et mètre fait suppléer par un autre conseiller au grand Châtelet.

LE MARQUIS

Ah ! ce jeune homme dont les gazettes se sont fort occupées, et qui n'a pas encore été reconnu? N'existe-t-il donc aucun indice qui puisse mettre la justice sur les traces d'un crime si horrible?

LE CONSEILLER

Aucun. Toutes les recherches faites jusqu'à ce jour ont été infructueuses. J'espère cependant pénétrer ce mystère d'iniquité, grâce à un prodige de l'art, dont ces mêmes gazettes ont donné les détails.

En effet, j'ai lu que ses traits avaient été conservés dune manière presque miraculeuse.

\^XVX\VXVvv\VVVV\\VV\i'V'V'VVVVVV\V\\'V\\VV\XVVVVVVV>.VVVVV\V\VVV\'V

Page 1