‹ Magasin théâtralChapitre 1612 sur 1711 · D'ORBESSON · texte numérisé non relu

D'ORBESSON

LE CONSEILLER, sur le haut du perroH et parlant à

la cantonnade.

Il suffit, monsieur le président... Mon délégué

me tiendra au courant de cette affaire.

Il descend le perron*.

LE MARQUIS, à part.

Ah ! tout serait perdu s'il entrevoyait la vérité.

LE CONSEILLER

Me voilà , monsieur le marquis... je ne me suis pas fait attendre? Eh bien! vous avez satisfait votre curiosité... que pensez-vous de ce que vous avez vu ?

LB MARQDis, cherchant à cacher son trouble.

En effet, monsieur le conseiller, on dirait que ce malheureux enfant respire encore.

LE CONSEILLER

Vous seriez-vous jamais imaginé que l'art pût atteindre ce degré de perfection?

LE MARQUIS

Oh! jamais! {A pan.) Ses questions me font mourir.

* Le Conseiller, le Marquis,

LE CONSEILLER

Par ce moyen nous parviendrons certainement à découvrir le coupable.

LE MARQUIS

Ahl vous croyez y réussir?

LE CONSEILLER

Je l'espère. Que d'exemples de forfaits longtemps cachés dans l'ombre et dont on a fini par arrêter les auteurs!... Il ne faut qu'un moment, un heureux hasard... Le crime, souvent, se décèle lui-même...

LE MARQUIS, à part.

Je tremble.

LE CONSEILLER

Mais, monsieur le marquis, c'est nous occuper de bien tristes objets, quand nous ne devrions penser qu'au bonheur de Lucie et de Léon... J'ai obtenu de monsieur le premier président la permission que j'étais venu solliciter. Je suis libre et entièrement à vous.

LE MARQUIS

En ce cas, rien ne nous empêche de partir pour le château de Verneuil.

LE CONSEILLER

Hâtons-nous donc... Il me tarde d'embrasser votre pupille.

LE MARQUIS, à part, avec douleur.

Mon pupille... et il est mort!

Ils s'éloignent par l'arcade. Au même moment on enleml le son d'une cloche; c'est le signal de la fermeture du Cliâtelet. Tout le peuple qui, depuis le commencement de l'acte, est entre' dans rintérieur, revient de ce côle'-ci delà grille.

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