D'ORBESSON
LE CONSEILLER, sur le haut du perroH et parlant à
la cantonnade.
Il suffit, monsieur le président... Mon délégué
me tiendra au courant de cette affaire.
Il descend le perron*.
LE MARQUIS, à part.
Ah ! tout serait perdu s'il entrevoyait la vérité.
LE CONSEILLER
Me voilà , monsieur le marquis... je ne me suis pas fait attendre? Eh bien! vous avez satisfait votre curiosité... que pensez-vous de ce que vous avez vu ?
LB MARQDis, cherchant à cacher son trouble.
En effet, monsieur le conseiller, on dirait que ce malheureux enfant respire encore.
LE CONSEILLER
Vous seriez-vous jamais imaginé que l'art pût atteindre ce degré de perfection?
LE MARQUIS
Oh! jamais! {A pan.) Ses questions me font mourir.
* Le Conseiller, le Marquis,
LE CONSEILLER
Par ce moyen nous parviendrons certainement à découvrir le coupable.
LE MARQUIS
Ahl vous croyez y réussir?
LE CONSEILLER
Je l'espère. Que d'exemples de forfaits longtemps cachés dans l'ombre et dont on a fini par arrêter les auteurs!... Il ne faut qu'un moment, un heureux hasard... Le crime, souvent, se décèle lui-même...
LE MARQUIS, à part.
Je tremble.
LE CONSEILLER
Mais, monsieur le marquis, c'est nous occuper de bien tristes objets, quand nous ne devrions penser qu'au bonheur de Lucie et de Léon... J'ai obtenu de monsieur le premier président la permission que j'étais venu solliciter. Je suis libre et entièrement à vous.
LE MARQUIS
En ce cas, rien ne nous empêche de partir pour le château de Verneuil.
LE CONSEILLER
Hâtons-nous donc... Il me tarde d'embrasser votre pupille.
LE MARQUIS, à part, avec douleur.
Mon pupille... et il est mort!
Ils s'éloignent par l'arcade. Au même moment on enleml le son d'une cloche; c'est le signal de la fermeture du Cliâtelet. Tout le peuple qui, depuis le commencement de l'acte, est entre' dans rintérieur, revient de ce côle'-ci delà grille.
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