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SCENE IL LE CONSEILLER, DELMAR

LE CONSEILLER

Eh bien, docteur?

DELUAR.

J'apporte de nouveaux renseignemeDS , monsieur le conseiller.

LE CONSEILLER

Qu'avez-vous appris ?

DELHAR.

Vous savez que M"^ Verdier n'avait pas encore vu le jeune homme que tout le monde ici appelle duc de Verneuil ; en entrant dans le salon, ses yeux n'ont d'abord aperçu que Montalais; elle s'est évanouie, et vous vous rappelez qu'à ma prière toute la société, sans en excepter le jeune Léon, a bien voulu s'éloigner jusqu'à ce que cette pauvre femme eût repris l'usage de ses sens.

LE CONSEILLER

Et tous deux nous sommes restés près d'elle; c'est là que vous m'avez raconté ce qu'elle vous avait appris. A cet évanouissement profond succéda bientôt une agitation trop grande pour que nous pussions obtenir d'elle aucun nouveau renseignement.

DELMAR

C'est alors que vous m'avez laissé; mais depuis , tout à l'heure, j'étais parvenu à la calmer un peu... J'avais fait ouvrir une des fenêtres donnant sur le parc; j'invite M"»" Verdier à s'en approcher pour respirer plus à l'aise... elle s'avance; ses yeux se portent sur une des allées... un cri lui échappe : « Ah ! c'est lui ! — Qui lui ? — Lui! Adrien! l'enfant que j'ai élevé... le voilà... là .. là ! » Je regarde... c'était le duc!

LE CONSEILLER

Le duc ! Elle a cru reconnaître dans le duc le jeune homme qu'elle a élevé?... mais c'est impossible, docteur!

DELMAR

C'est en effet le premier mot que je lui ai dit: « C'est impossible, madame!... vos yeux vous ont trompée!» Mais, au milieu de son désordre, elle répétait avec tant d'énergie : « C'est lui!... je l'ai reconnu !» qu'elle a fait passer dans mon esprit, non pas la conviction, mais une incertitude qui vient encore compliquer l'embarras de notre situation.

LE CONSEILLER

Songez qu'à Paris déjà elle a cru reconnaître.. . Et puis elle s'est rétractée...

DELMAR

Vous dites vrai, monsieur le conseiller... Mais à Paris elle n'avait pas cette assurance: «Luimême, dit-elle en parlant du jeune Léon, luimême me reconnaîtra bien!...»

LE CHATEAU DE VERNEUIL

LE CONSEILLES

Maïs comment expliqueriez-vous cela?... Ce jeune homme ne peut avoir été élevé en même temps ici sous le nom de Léon, et à Vendôme sous celui d'Adrien... Cette femme est folle... DELHAR , vivement.

Non ! Cette femme a toute sa raison... Mais cette inexplicable affaire est un abîme de ténèbres où la justice humaine ne doit peut-être pas espérer de faire luire le flambeau de la vérité.

LE CONSEILLER

Nous ne négligerons rien, mon cher docteur, pour y parvenir. Déjà, j'ai entièrement approuvé le moyen hasardé sans doute, mais peut-être décisif, que vous m'avez proposé ; les ordres les plus précis ont été donnés à cet égard. Je suis prêt maintenant, si vous le jugez nécessaire, à mettre Jllme Verdier en face du jeune Léon.

DELHAR.

Je n'ose croire que l'état de cette dame lui permette encore...

JOSEPH, entrant,

jlme Verdier vient de rouvrir les yeux... elle a demandé monsieur le docteur.

DELUAR.

J'y vais. {Au Conseiller. ) La crise est passée... dans un quart d'heure, j'espère être ici avec elle.

LE CONSEILLER

D'ici là, je vais voir si tout est prêt pour notre dernière épreuve.

DELMAR

Je vous ai indiqué le souterrain qui communique de cette pièce dans le parc.

LE CONSEILLER

Oui, la porte est à droite dans cette alcôve'; c'est par là que je ferai tout disposer.

DELMAR

Nous nous retrouverons ici.

Il sort par la porte secrète des apparlemens. LE CONSEILLER.

Ah ! Joseph , allez trouver M. le marquis de Rosebois et priez-le de descendre dans cet appartement.

Il sort par l'alcôve.

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