‹ Magasin théâtralChapitre 1651 sur 1711 · MIR.\]\DA · texte numérisé non relu

MIR.\]\DA

Plus bas, mes amis, plus bas... si notre ennemi^ commun... si Rocaillon pouvait pénétrer le mystère dont dépend mon repos.

ETHER

Reine, rassurez-vous, si Rocaillon, si le monstre qui cause notre effroi s'approchait de ces lieux, sa présence nous seraitannoncée par quelque nouveau malheur.

MIRANDA

Lutins, répondez : Aucun de vous n'a jamais douté de l'infaillibilité de sa souveraine?

TOIS

Jamais.

MIRANDA

Immortelle et par conséquent dégagée de toutes faiblesses terrestres, cette reine aurait rougi de se donner un maître... de partager son pouvoir même avec un Dieu.

TOUS

Nous le savons.

Que diriez- vous donc si je vous apprenait que les destins ont voulu que je devinsse mère...

Ah!

TOUS

. MIRAVDA.

Un jour, et ce temps est Jéjà loin, fatiguée dos plaisii-s de la chasse, des ardeurs d'un soleil (le feu , je m'étais endormie la fisure votleedaiis un bosquet de Myosotis, et moi, Gont la mis-^ion est de rendre force et courage au vovageiii- lullant contre la fatigue, je né pouvais mri-rnème supporter mon accablement, je ne pouvais agir, me relever, c'était comme mm léthargie, comme une main de fer qui iii'enchainait dans ce bosquet... Bientôt le sommeil s'empara de mes sens, un revealiroiix, épouvantable, qui ne s'effacera jamais de ma mémoire me fit voir à mes genoux un guoiiio, un monstre; je voulais crier, ma voixe.xpirasur mes lèvres... je voulais prier... je priai, sans doute, mais les dieux lurent sourds à ma prière... que vousdiraij- eidi.i.. (juindje me réveillai, le sonse avait disparu... j'étais seule et bientôt j'oubliai tout, le rêve, la îâret, le gnome... Mais hier, comme à l'époque dont \e\ons ai parlé, mesyeuxsesontappesantis, il m'asemblétout à la lois que je souffrais et que j'étais heureuse de mes souffrances. Je m'endormis encore, et quand jem'éveillai, une àme, un

^ l'île des LL'TINS

feu follet qui m'appelait sa mère, voltigeait à | mes côtés et vint effleurer mon front comme : pour y déposer un baiser filial. i

FOLLET. 1

Il se pourrait ! vous seriez mère. j

MIRAIVDA. , i

Et maintenant jugez de mes terreurs... Si i Rocaillon, notre mortel ennemi, cet esprit infernal qui, pour m'arraclier la puissance, ne reculerait devant aucun crime, venait a soupçonner qu'il existe une âme dans laquelle il

pût me frapper Nul doute qu'il ne

tentât de coupables efforts pour la ravir a ma tendresse. — Jurez de m'aider à la défendre.

Air de la traite des noirs (H. Potier). Approchez-\ous, \enez ici, Venez à la ^oix d'une mère, C'est un ange qu'il faut soustraire A la rage d'un ennemi.

Moi, dont le pomoir est si grand, Dont la puissance est éternelle ; Je tremble comme une mortelle Quand il s'agit de mon enfant.

EMERATJDIN.

Ah! ne craignez rien, bonne Reine, nous jurons tous de veiller sur lui ;

TOUS

Oui, nous le jurons.

La ritournelle de l'air suivant.

MIRAIXD.V.

Quel est ce bruit?

EOLYN. . ,

Eh! je ne me trompe pas, c'est lui, c est Phosphoriel.

MIRAIVDA. . .

Phosphoriel que j'avais envoyé en mission sur la terre, qui peut le ramener situt.

ETHER

Comme il a l'air agité.

FOLLET

Le voici.

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