‹ Magasin théâtralChapitre 1707 sur 1711 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ROCAILLON, FIDELINE.

Rocaillon debovt devant Fideline évanouie. ROCAILLON.

Enfin, je la tiens en mon pouvoir... La frayeur lui a fait perdre les sens... l'émotion l'a brisée (/a contemplant). Qu'elle est belle ainsi!..

FIDELIWB.

Tonio!.. mon père!..

ROCAILLOn.

Elle revient à elle !

FIDELINE.

Où suis-je?.. Qui ma conduite ici?., où est Tonio. {apereeiant Rocaillon et poussant un cri) . Ah !

ROCAILLON.

Fideline ! c'est en vain que tu appelles ceux qui peuvent te protéger... tu es seule, seule avec moi.

FIDELINE.

Omon Dieu !..

ROCAILLON.

Pourquoi détourner ainsi tes yeux?.. Ils sont si beaux..

FIDELINE.

Laissez-moi.

ROCAILLON.

Pourquoi retirer ta main ?. . Elle est si douce.

FIDELINE.

Eloignez-vous.

Tu m'appartiens et nulle volonté humaine ne pourra te soustraire à mon pouvoir.

FIDELINE.

Que vous ai-je donc fait et pourquoi me persécuter ainsi depuis si longtems ?

ROCAILLON.

Ce que tu as fait?... Un miracle!.. Par toi, j'ai trahi tous mes sermens... je me suis fait parjure... Oui, Fideline, ce cœur qui avait voué une haine éternelle à tes semblables, qui ne battait que pour le meurtre et la vengeance est devenu sensible à ta vue ; ce cœur est devenu lâche, il a eu pitié d'une mortelle. Il a trahi Satan pour une femme.

FIDELINE.

Vous me faites peur.

ROCAILLON.

Peur. Le génie du mal te faire peur, et toi jeune fille crois-tu donc que ta présence ne me cause aucun effroi. Avant de te connaître j'étais fort, j'étais invincible et semblable à l'ange qui a vaincu Satan, tu viens renverser mon pouvoir, briser ma puissance... J'avais juré de frapper tous les mortels qui se trouveraient sur ma route et tu parais, je te vois, tu me braves, et tu exiges encore.

FIDELINE.

Frappez donc , si ma mort peut seule assouvir votre rage.

ROCAILLON.

Ta mort, non, non... Tu m'as vaincu, et ce qu'il me faut aujourd'hui pour te vaincre à mon tour, c'est de renverser ta puissance comme tu as renversé la mienne... C'est anéantir le pouvoir que tu tiens des cieux comme tu as anéanti mon pouvoir infernal.

FIDELINE.

Vous me faites horreur... oh 1 mon Dieu, quel pouvoir inconnu... mes yeux se ferment... ma tête est lourde.

ROCAILLON.

Tu m'appartiendras, te dis-je...

FIDELINE.

Jamais tant que je serai vivante.

ROCAILLON.

Ah! ah! ah!

FIDELINE.

La force m'abandonne et malgré moi., la fatigue...

ROCAILLON.

Ecoute, pauvre insensée, et vois si tu peux

échapper à ton sort La cayerne où nous

gommes touche à l'empire des Marmottes... l'air que tu respires engourdit les sens, brise les forces, endort les facultés humaines, malgré toi déjà tes yeux se fermeiit... tes genoux

LA FILLE DU CIEL

cinq minutes encore et tu dor-

riDELLTfE.

fléchissent, miras.

Juste ciel !

ROCAILtO>.

Ne cherche point à fuir, ce lieu n'a pas d'issue,

FIDELINE.

Pitié... grâce!

ROCAILLOS .

Ni grâce.. ^ ni pitié.

FIDELISE.

0 mon Dieu ne me sauverez- vous pas?

ROCAILtOlV.

Je te laisse appeler les Di<^,uï à ton aide et je vais chercher les démons.

FIDELISE.

Les chercher. . .

ROCAILLOiV.

N'ai-je pas une revanche à prendre, ils ont vu ma défaite, ils seront témoins de ma victoire {voyant Fideline se débattre contre le sommeil). A bientôt... ma jolie fiancée. .. c'est ici notre chambre nuptiale... dormez en m'aftcndant. . . je reviens.

Il disjjarait dans la grotte.

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