‹ Magasin théâtralChapitre 187 sur 1711 · MOI LIN ET · texte numérisé non relu

MOI LIN ET

Eux-mêmes... qui viennent vous faire mes derniers adieux.

MARIE

Déjà... et vous n'avez pas vu, M. Duval ?

MOLLINET.

Néant, disparu, évanoui...

DOMINIOLE.

Il se cache sans doute, pour se dérober à nos remcreimens.

Et votre mère, Dominique, ma bonne tante?

DOMINIQUE

Elle est calme ; je la quitte à l'instant. Le bonheur est le meilleur des médecins. Et, maintenant que, gra^-c ù Duval, elle n'a plus rien à

8 LES GAUÇOiNS DE

redouter, maintenant que je ne dois plus par- s®» tir...

HENRIETTE

Ah! VOUS ne partez pas?

MOULINET

Eh ! non, il ne part pas, puisque c'est moi qui endosse, à sa place, rhai)it du gouvernement constitutionnel et le pantalon garance de la nation française. Voilà pciu-quoi nous venons vous faire nos' adieux, attendu que, d'un moment à l'autre, les lia et les ra du tapiii peuvent m"appeler sous les drapeaux.

HENRIETTE, avec lin sourire.

Déjà, monsieur Moulinet?

MOULINET, minaudant.

Voilà, Mademoiselle, un mot qui vous acquiert à jamais mon estime... Et, puisque vous êtes si bien disposée en ma faveur, examinez ce physique. (Se posant.) Voyez si on peut trouver une plus belle tête de voltigeur, une plus jolie jambe et un plus magniiique torse de grenadier... enfin, mi fantassin d'un plus beau modèle ? et tout ça pour la somme de cinq cents francs !

DO^.IINIQUE.

Moulinet, te repentirais-lu déjà de ton marché?

MOULINET, pressant la main de Dominique.

De quoi?., du tout. Vois-tu, Dominique, quand j'ai vu ta pauvre mère se désoler comme ça, et ton vieux bonhomme de père pousser des soupirs à fendre la butte Montmartre, j'aurais voulu pouvoir leur dire tout rondement : « Vous le voulez, votre Dominique, eh bien! gardez-le; je pars pour lui... une poignée de main, et bon jour ! à revoir. » Biais cela n'était pa= possible ; il fallait cinq cents francs pour assurer l'existence de ma pauvre vieille mère. Ainsi, tu comprends... pour loi, n'en parlons plus.

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