RECETTE
MARIE , sévéremenr.
Je l'ai oublié, monsieur; et vous, vous, savez quej'aime Duval, votre ami... votre bienfaiteur?
DOMINIQUE
Je le sais , Marie ; et je ne viens pas vous parler d'un sentiment que je veux étouffer en silence dans mon cœur. Vous aimez, Duval, dites-vous ? oh ! aimez-le de toutes les forces de votre âme , car il est digne de toute aflection , de tout respect. Cette journée , Jlarie , a changé bien des choses ! autrefois , je ne vous le cacherai pas , j'avais une haine profonde contre Duval; moi qui vous aimais, je ne pouvais lui pardouner d'être aimé de vous; mais depuis que je l'ai vu se sacrifier avec tant de noblesse et de génrrosité pour nous, depuis qu'il nous a rendu, à moi la liberté, à mon père l'honneur, à ma pauvre mère la vie, à tous la tranquillité , l'aisance, le bonheur... toute ma b aine s'est brisée , et je suis vciiu vous dire : Marie... si vous vous souvenez encore que, quelquefois, en secret, je vous ai adressé tout bas des paroles d'amour, oubliez-les, Marie, et pardonnez-
Pauvre garçon!
MOULINET
Il me pourfend le cœur !..
Dominique, vous êtes un bon et honnête jeune homme; vous savez que je n'ai jamais encouragé votre passion. Tout ce que je puis et dois vous dire , pour vous prouver combien j'apprécie votre générosité...
DOMINIQUE
Marie, oh ! Marie, ne me donnez pas de regrets... des regrets seraient déjà de l'ingratitude envers notre bienfaiteur.
MO.ULINET, se rapprochant.
Allons, puisque M. Duval n'est pas ici... im possible de lui offrir la poignée de main de l'estime et les adieux de l'amitié... partons.
MARIE
Il m'avait promis de venir, je ne puis comprendre ce retard...
HENRIETTE
Oh ! il viendra, j'en réponds...
DOMINIQUE, à part.
Il sait qu'on l'attend toujours , lui...
MARIE
Ah ! le voici, enfin...