DE VILI.IF.RS
Et qui es-lu, toi qui portes la main sur un gentilhomme 7
DEUXIÈME ÉTUANGER.
Ton bourreau 1
DE VILLIEHS.
A moi, mes amisi
PriEMIER ÉTUANGER.
Que nul ne bouge 1 Tandis que la révolle s'agile ici, la potence se dresse là-bas.
Mouvement de surprise.
DE MILLIERS
Insolent î
PREMIER ÉTRANGER
A genoux, vassal 1 nul ne porte la tête haute devant Louis de France.
Le roi !
Grand silence. Des archers, conduits par un troisième ëlrangcr, paraissent en grand nombre.
LOUIS
Olivier, cet homme est à vous,
Il désigne de Villiers que les archers entourent. LE BOURGEOIS.
Amis, laisserons-nous entraîner notre chef?
TOUS
Non ! noni
LOL'IS.
Qui donc élève la voix ici pour protéger un traître ? Peuple insensé ! tu défends tes seigneurs, tu n'as donc pas compris que dans chacun d'eux tu avais un tyran? Tu m'accuses de vouloir abaisser leur puissance, mais leur puissance était ton asservissement. Si ces insolens despotes te font moins sentir le poids de leur masse d'armes, c'est qu'ils ont senti le poids démon sceptre. S'ils ne dévastent plus tes terres, s'ils ne ravagent plus tes fermes, c'est que j'ai fait tomber les hautes murailles qui servaient de refuge à ces nobles pillards. Et quand j'ai brisé avec la hache les mille réseaux qui t'enchaînaient, peuple, quand aujourd'hui tu peux lever la tête et remuer les bras, c'est contremoi que tu tournes la force que je t'ai donnée 1 Tu m'accuses de manquer de courage, parce que, confiant en Notre-Dame et en mon bon droit, je n'apparais pas toujours bardé de fer, comme mon cousin de Bourgogne! Est-il sans courage, celui qui entend hurler la révolte et qui vient droit à elle? mérite-t-il une couronne de moine, celui qui d'un mot, d'un regard, a fait tomber l'épée du rebelle? N'est-il pas le digne chef d'un brave peuple, celui qui, ne pouvant assez tôt rassembler son armée, est venu presque seul s'enfermer dans vos murs? et celui-là ne vous dira pas : Rendez la ville... il vous dira : Courons aux murailles... combattons, mourons tous, s'il le faut, avant délivrer à l'étranger le sol sacré de la patrie! Et maintenant qui parle de désobéir au roiî
Moment de silence et d'he'sitation.
BONAVENTURE
J'en suis fâché pour messire de Villiers, mais le roi Louis est un grand roi ! Vive le roi I
TOUS
Vive le roi I
LOUIS, montruni Botiaventiire.
Ils hésitaient, et c'est peut-être à ce garçon-là que je devrai ma ville de Beauvais.
DE VILLIERS
Tu l'emportes, Louis!
Lours, à Tristan.
Compère, la journée sera moins bonne pour toi que tu ne le croyais d'abord; je ne te donne qu'une tête, mais c'est la plus haute.
DE VILLIERS
Grâce I
LOUIS
Point de grâce pour les traîtres. Tristan, emmène cet homme. Olivier, fais préparer l'hôtel de ville pour me recevoir. Allez!
Plusieurs archers entourent de Villiers et l'emmènent; Tristan les suit.