‹ Magasin théâtralChapitre 256 sur 1711 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Le tlicâtre roprcsenic une pîace de village. A gauche du spectateur, une maison praticable, occupant les doux premiers plans ; au premier plan, un mur en ruine, formant la cour de la maison ; au deuxième plan, la maison, fcniee par une grosse porte en cliêne ; au-dessus de la porto, une fenêtre avec balcon donnant sur la place ; au-dessus du mur •lu deuxième plan, une fenêli'e donnant sur la cour; aux troisième et quatrième plans, d'autres maisons. Au fond une route ouverte sur un chemin escarpé. A droite , une rae'tairie dans laquelle on entre par une porte charrelicre. Le rideau du fond doit représenter l'église du village; quelques maisons, et au-delà la campacne.

Au lever du rideau, on voit arriver de la route et déboucher par la rue du village, à droite des spectateurs, une foule de paysans emportant ce qu'ils ont de plus précieux ; les hommes traînent des meubles dans de petites charrettes, les femmes portent leurs enfans, les vieillards des sacs et des coffres ; toute cette population fait une halte sur la place; les femmes, les hommes, les vieillards et les enfans paraissent excédés de fatigue.

UN VIEILLARD, qui tor^ôe.

Ne vous arrêtez pas, mes enfaus, laissez-moi mourir ici.

ANDRÉ

Vous abandonner, vous, noire digne pasteur! Si Dieu le permet, nous entrerons tous dans Beauvais ; nous n'en sommes pas loin maintenant, un tlernier effort...

Le vieillard essaie de se relever, mais il retombe. LA FEMME.

Par grâce, André, laisse-nous reprendre baleine; la force nous manque à tous.

ANDRÉ

Si cbacun de nous était en état de porter une arquebuse, nous ferions face au.\ Bourguignons, et nous n'entrerions pas dans Beauvais comme des lièvres au gîte. Mais nous ne voulons pa.»- que l'ennemi insulte nos vieillards, déshonore nos femmes, massacre nos enfans. Voyez, la croix rouge de Bourgogne a passé par ici... plus personne dans ce village, partout la trace du pillage et de lincendie.

LA FEUME.

A l'heure où nous parlons, le feu dévore aussi nos chaumières, sans doute.

ANDRÉ

Que la volonté de Dieu soit faite 1

LA FEUME.

Ce village n'est pas complètement abandonné, j'ai entendu. ..

A>-DRÉ.

Quoi donc?

LA FEMME

Là, comme le pas d'un homme.

ANDRÉ, saisissiiHl son arqtiehuse.

Un Bourguignon peut-être !

Mouvement général d'cifroi.

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