‹ Magasin théâtralChapitre 275 sur 1711 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

Les Mêmes, excepté BONAVENTURE et GALLAND.

JEANNE

Ah! que je souffre! Mon Dieu! donne-moi la force d'accomplir le devoir qui m'amène ici.

RENÉ

Eh bien 1 labelle, comment nous trouvons-nous?

JEANNE

Des Bourguignons ! je suis au pouvoir des Bourguignons!

RENÉ

Votre rançon a été payée; vous pouviez partir tout-à-l'heure avec ceux qui vous ont rachetée.

JEANNE

Partir, oh ! non pas.

RENÉ

Vous nous êtes restée, et vive Dieu j'en ai Tame joyeuse... car vous me plaisez, la belle, et

JEANNE HACHETTE

je donnerais les écus d-or de votre rançon pour un baiser de vous. Où allez- vous donc?

Ma rançon est payée... je suis libre, avez-vous dit... livrez-moi passage.

REKÉ.

Faible et blessée comme vous êtes, vous ne pourrez faire dix pas sans l'appui d'un bras ferme et dévoué; je vous oflre le mien , la belle.

Il veut l'embrasser.

JEANNE, lui arrachant sa dague.

Arrière... infâme... arrière...

RENÉ

Voyez-vous, camarades, cette héroïne qui me refuse un baiser et qui me prend ma dague?... Rends- moi ce poignard, qu'en feras-tuî

JEANNE

Je m'en frapperai, si je trouve sur ma route un soldat assez lâche pour insulter une femme.

RENÉ

Eh bien !je te le laisse en souvenir de moi. A la besogne, nous autres! voilà une maison d'assez belle apparence, je vais la visiter... Ah 1 je n'ai pas besoin de vous pour voir ce que les manans nous ont laissé.

Il entre seul dans la maison d'Hubert.

JEANNE

Que Dieu me seconde maintenant dans mes recherches !

RENÉ, paraissant au balcon.

Dites donc, vous autres, grande trouvaille 1 les manans n-ont pas tout enlevé, ils nous ont laissé un trésor.

Un trésor f

RENÉ

C'est un enfant.

JKANNE, qui allait partir.

Un enfant! un enfant, avez-vous dit?

RENÉ

Ilôt.iitlà, endormi, épuisé par le besoin... Tenez, le voilà... qui en veut?

II s'apprête à le jeter.

JEANNE, poussant un cri et tombant à genoux Ah! arrêtez! cet enfant, cet enfant est à

moi.

RENÉ

A loi, si orgueilleuse et si prude!..,

JEANNE

li <^sl à moi, vous dis-jc... c'est mon enfant que J '.-tais venu chercher ici... il existe... il existe. oli ! vous ne le tuerez pas sous les yeux de sa mère ! non, vous ne ferez pas cela.

RENÉ

i:ii Lien ! viens me le reprendre.

JE.vNNE, ijortant la main à son poignard Alîcnds-moi donc, misérable... j'y vais j'v vais. ' ' ^

Jeanne,comme s, u„e pensée soudaine reclauait, traverse Je théâtre etentredans la maison; d'un regard imposant cn.^rexenn les sulda(s bour^u-gnons ^u. d'abord la Yuulaient suivre.

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