‹ Magasin théâtralChapitre 282 sur 1711 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

La Sentinelle, pMi« sire HUGONNET, deux

Inconnus vêtus misérablement.

Au lever du rideau il fait encore nuit. Une sentinelle paraît de temps en temps sur le rempart.

LA sentinelle.

Sentinelle, veillez! {Alacantonnade.) Sentinelle, veillez î

Ce cri se répèle au loin, et puis s'éteint. La sentinelle continue à se promener et ne remarque pas trois liommes qui arrivent sur la place; l'un de ces liommes est couvert d'un manteau de couleur brune ; son visage est cacbé sous un masque de velours noir ; l'un des inconnus conduit l'homme masque' jusqu'à la porte du boulanger.

PREMIER AFFiDÉ, montrant le placard.

Voyez, maître.

HUGONNET

Bien.

premier affidé.

Ainsi que vous avez pu vous en assurer vous-même, VOS ordres ont été scrupuleusement exécutes.

HUGONNET

Qui devons s'est chargé du message au duc de Bourgogne?

PREMIER affidé.

Lui II a vu le duc en personne.

HUGONNET

La preuve de ce que tu dis?

PREMIER AFFIDÉ

La voilà.

II lui montre une bague.

HUGONNET

Oui. Cette bague est bien marquée aux armes du duc Charles. Quelle a été la réponse de monsieur de Baurgogne?

DEUXIÈME AFFIDÉ

Que le signal soit donné, nous serons prêts.

PREMIER AFFIDÉ

Vous êtes content, maître?

HUGONNET, lui jetant une bourse- Voilà la récompense promise.

PREMIER AFFIDÉ

Vous payez bien, messire, c'est une justice à vous rendre... mais vos ccus d'or ne nous empêcheraient pas d'être pendus si nous étions découverts... et si pour nous votre fortune est une réalité, votre pouvoir est encore un doute.

HUGONNET

N'est-il pas tout-puissant celui qui est allé chercher dans le fond de leur cachot deux misérables bandits et qui leur a pu dire : Vous êtes libres? Que craignez-vous àmeservirî la potence! sans moi vous y seriez déjà tous deux, car vous étiez condamnés.

JEANNE HACHETTE

PREMIEU AFFIDÉ.

C'est vrai, mais cependant nous voudrions connaître celui que nous servons.

HUCONNET.

Mieux vaut pour vous voir son or que sou visage... Il faut nous séparer.

Pr.EMIEH AFflDÉ.

Ce sera prudent... car cette place sera bientôt {•ouverte de inonde... les premiers bourgeois qui mettront le nez à l'air feront piteuse mine en lisant ce placard, et le sire gouverneur aura beau vacarme à son réveil.

HUGONNET

Hàtez-vous de rentrer dans l'asile que je vous ai trouvé, et attendez là de nouveaux ordres.

PREMIER AFFIDÉ

Ainsi vous nous promettez protection contre le sir gouverneur, par exemple.

HUGONNET

Oui, je vous la promets... allez.

Les affide's sortent.

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