SCENE V
PAQUITA, JEPPO.
JEPPO.
Hein! tu as entendu ton maître... Une messe à perpétuité! Peste! c'est ça un patriote! Eh bien! tiens, vrai, ça me fâche presque... que les Fr.ançais aient pris comme ça d'eux-mêmes la poudre d'escampette. J'aurais voulu qu'ils restassent encore quelques jours sous nos murs, car nous étions las de leur envoyer du plomb dans les yeux, seulement à portée de carabine; et tous les bons vivans de la viile, moi compris, nous étions décidés à faire briller sur leur poitrine la pointe de nos couteaux, PAQUITA, riant.
Vraiment!... 0 le vaillant guerrier!
JEPPO.
Virginetta mia! le jour où le caporal de ces voltigeurs maudits est venu à travers les balles jusqu'au faubourg de Villa-Franca, tu te rappelles ma colère et ma fureur... Ah! si l'on avait voulu m'ouvrir les portes!...
PAQUITA
Tu serais peut-être en route pour la France.
JEPPO.
Je serais votre époux bienheureux, cara arnica, car j'aurais amené le mécréant pieds et poings liés aux genoux de votre gentiUesse.et vous n'auriez pu refuser plus long-temps à mon courage votre jolie petite main.
L'ELEVE DE SAINT-CYR
PAQUITA
Allons, allons, trêve de balivernes : voici ma maîtresse qui descend avec son père pour se rendre à l'église du couvent.
JEPPO.
Déjà?
Est-ce que lu n'entends pas les cloches, mauvais chrétien?
JEPPO.
Quand je t'écoule, je n'entends plus rien; quand tu es là, je ne vois plus que toi : il faut que tu sois une sainte, car tu me fais comprendre l'adoration perpétuelle, foi de barbier aragonais. PAQLiTA, lui donnant une petite tape sur la joue.
Voulez-vous bien ne pas blasphémer, barbier du démon?
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