HÉLÈNE, JULES
En ce moment, on voit Hélène qui, faible , lialetanle , brisée de fatigue et de terreur , s'avance avec peine et vient tomber aux pieds de Jules.
Jules! Jules!.
HÉLÈNE
toi! toi !..
JULES , se retournant.
Grand Dieu! Hélène! toi! toi! seule en ce lieu !
Il la soutient dans ses bras.
HÉLÈNE
Oui, moi, moi, qui te disais hier : Si la violence me menace, je saurai m'y soustraire et me remettre en ta puissance; et qui, menacée aujourd'hui par la violence, viens te dire : Jules, me YOilà à tes genoux, comme hier, à l'heure de VAve-Maria.
[Elle s'agenouille.
JDLES.
Mais cette lettre !... cette lettre!
HÉLÈNE
Oh! arrachée par les menaces de mon pèrel...
( Lui mçnirant son poignet meurtri. ) Tiens... vois!... ils m'ont brisée!...
JULES , couvrant de baisers le bras meurtri d'Hélène.
Oh!... et je t'accusais!... Oh! sois bénie pour ta présence I sois bénie, et pardonne-moi de t'avoir méconnue. {Vivement.} Mais qui t'a dit, pauvre ange , que je fusse en ce lieu ?
HÉLÈNE
Un moine.
JULES
Un moine !
HÉLÈNE
Oui, un moine inconnu, que j'ai rencontré près de ta demeure, et qui m'a indiqué cette hôtellerie.
Voilà qui est étrange!... quelque espion sans doute, encore quelque trahison! Mais que m'importe, à présent que je te vois, que je suis sûr de toi, de ton cœur? que me font Campireali et Orsini réunis? que me font les trahisons de ton père... les menaces de ton frère? Ton frère!... tiens, il était là tout-à-l'heure, m'adressant les injures les plus violentes, les provocations les plus amères... il brûlait de répandre mon sang ; 1 amenacé ma vie, ton frère I...
HÉLÈNE
Grand Dieu !
JULES
Oh! rassure-toi. (Avec tendresse. ) Il ne sait pas les liens qui m'attaclient à lui ; en vain il me provoquerait; ton nom et ton image sont là pour le défendre. ( Avec exaliaiion. ) Ton frère, je l'aime! oui, je l'aime en toi; ton frère, je lui pardonne! j'oublie ses torts, ses menaces, ses outrages, j'oublie tout pour toi, sa sœur, toi qui m'aimes!... [Avecexploswn.)'Es\.-CQ que je ne suis pas payé de tout par ton amour î
HÉLÈNE
Mais Orsini, Jules, Orsini!... dans huit jours je serai sa femme !
JULES
La femme d'Orsini ! ... oh 1 que non pas I
HÉLÈNE
Non, dis-tu?
JULES
Non... si tu es la mienne aujourd'hui.
HÉLÈNE
Ta femme!...
JULES, avec force.
Oui, il faut qu'un saint mariage...
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