ACTE I
D0>" BA.LTHAZAR.
Oui... je sais que, malgré tes fautes, on cite de toi des traiîs qui t'iionoront; c'est au nom de riionneur que je réclame de toi, quoi qu'il arrive, un secret inviolable sur ce que je vais te révéler.
DON LUIS
Mon oncle, vous avez mon serment.
DON BAI/rnAZAR.
Tu as entendu parler, n'est-ce pas, d'une sœur plus jeune que moi , qui resta sous ma garde à la mort de nos parens?
DON 1,U1S
Oui; dona Elvire d'Ayamonte qui, il y a vingt ans à peu près, épousa, malgré vous, un gentilhomme espagnol, don Carlos de Cabrera, et qui alla vivre avec lui en Castille.
DON CALTUAZAlî.
Ce n'est point malgré moi, mais par mon ordre, que ce mariage fut conclu subitement ; et il le fut pour empocher le déshonneur de ma famille. Pendant un voyage que je lis, dona Elvire fut s.'dniie... par un homme... que jo ne connus jamais. Cet homme, seulement, m'a-t-olle dit, ne pouvait, ou plutôt ne voulait pas l'épouser... Don Carlos de Cabrera était, alors, amoureux de ma sœur. Je la forçai de lui écrire qu'elle consentait à l'épouser malgré moi, et j'exilai dona Elvire pour jamais en Espagne, avec l'enfant né de sa faute et l'époux que je lui avais imposé. En vain ma fille... en vain quelques amis sûrs, et, entre autres, le révérend prieur de Malte, m'ont demandé de me rapprocher de ma sœur, et, ensuite, de son enfant!.. L'honneur était blessé, j'ai été inexorable.
DON LUS
Je le sais.
DON BALTIIAZAR.
Mais dona Elvire, expirante, ne pouvant résister à SCS remords, a tout avoué à son mari en le suppliant de pardonner à son fils. Don Carlos est mort sans avoir parlé... mais l'un de ses parens a tout su... 11 est venu à moi ce matin, sur la place de Pa!erme, a saisi la bride de mon cheval... «Don Balihazar d'Ayamonte, a-t-il dit, tu as introduit , par trahison , le bâtard de ta sœur dans la pure et honorable famille de Cabrcia... Je te dis tout bas que je le sais... et, pour cela, j'ajoute tout haut : Don Balihazar d'Ayamonte, gouverneur de Palorme et futur gouvcriicur delSaplos, grand d'Espagne, chevalier des ordres de la To.son-d'or et d'Alcantara , j'ajoute tout haut que tu es un lâche et un infâme !.. » El il m'a jeté son gant au visage.
DON LUIS
Grand Dieu!
DON BALTHAZAR
Oh! je ne me souvins pas, alors, que, blessé autrefois, je ne savais plus me servir d'une épée... je portai la main à la mienne... Déjà la foule s'était jetée sur lui... des archers étaient accourus... un mot de moi, ei on allait le mettre à mort... Mais c'était un assassinat!., et un crime n'en expie jamais un autre... J'ordonnai qu'on réservât cet insolent à ma vengeance... à la seule vengeance que puisse vouloir un Castillan... et puis, insensé, j'ai pensé que cette