‹ Magasin théâtralChapitre 543 sur 1711 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

GIULIO , entrant triste et pensif et allant s'asseoir dans le grand fauteuil. Moment de silence.

Adieu ce brillant avenir ! ces honneurs ! ces dignités! adieu tous mes beaux rêves d'ambition I ( Se levant. ) Je m'y étais si bien pris pour arriver à bonne fin ! Depuis près de deux mois nul n'avait pu me deviner: nul n'avait même soupçonné que des hommes armés, venus avec moi de Paris, étaient cachés dans les environs, obéissant à mes ordres, et prêts, au premier signal, à faire irruption dans le château... Oh! je n'ai manqué ni de souplesse ni d'habileté, ni de ruse, ni de persévérance ! mais c'est un fait accompli ! il n'y faut plus songer !... je suis jeune... peutêtre une occasion nouvelle se présentera pour me jeter sur le chemin de la fortune... et puis après tout, la fortune, les grandeurs, la puissance... est-ce là le bonheur? Le bonheur n'est-il pas de vivre obscur , oublié des hommes , en n'ayant au cœur qu'une seule pensée, celle de l'amour!... l'amour!... Ah! quel souvenir! Laurel pauvre enfant!... Oh! mais chassons de mon esprit cette triste et pénible idée... et bénissons le ciel de pouvoir m' éloigner de ces lieux sans la revoir... Mais ce projet dont elle me parlait!... (Apercevant Laurequi entre par la porte du fond.) Laure! grand Dieu !

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