‹ Magasin théâtralChapitre 604 sur 1711 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LE CAPITAINE MAGNUS est en scène ; LE MINISTRE OLAUS entre par le fond en marchant lenlemcnl et en lisant des papiers.

OLAUS

Oui, ce parti secret de Gustave est fort... tous ses plans sont bien établis; mais il est confiant... c'est un bien grand défaut quand ou conspire... {Apercevant Maçjmis.) Ah! te voici, Ulagnus!

MAGKCS.

Toujours à mon poste.

OLAUS

Trédage n'est pas de retour?

MAG>US

?^on, monseigneur.

OLAUS, à part.

Quand reviendra-t-il donc? (Haut.) Aucun Hiessager nouveau n'est entré dans le palais?

MAGiSUS.

Si cela était, monseigneur, je vous en eusse jTévenu déjà.

OLAUS

Je sais que tu es fidèle... Le peuple est encore 7enu m'insulter, n'est-ce pas ?

MAGISUS.

Oui, monseigneur, vous le voyez, il a brisé ces litres.

OLAUS

Et il espère pouvoir bientôt venir pour enfoncer les portes... De quoi m'accuse-t-on aujourd'hui ?

MAGNUS

On dit encore que vous avez pris dans le trésor ées sommes que le roi destinait au soulagement 4u peuple.

OLAUS

Et que demande-t-on pour réparation?

MAGNUS

Toujours votre exil..^ Mais aujourd'hui même Î6 roi doitrevenir à.Stockholm. et le roi fera châîier et déporter tous ces perturbateurs.

OLAUS

Eh ! c'est le roi qui les excite !

MAGNUS

le roi !

Eh: ne vois-tu pas, Magnus, que l'on veut ma chute?...

MAGNOS

Oui, le peuple!

OLAUS

Eh '. non... le roi!... et quand il veut se défaire d'un ministre, il sait si bien exciter secrètement 1 e peuple contre lui, que cette foule aveugle, indolente, approuve sa vengeance sans entrevoir son injustice... Mais je ne suis pas encore tombé, et ce soir peut-être le rci m'appellera son ami le plus fidèle... Quant au peuple... vienne seulement Frédage, que j'attends avec une horrible anxiété, et dans quelques jours le peuple me divinisera... {S'asseijani près d'une table.) Oui, relisons encore cette confidence de Peterson... (le capiiaine, conme par discrétion, se retire au f-^nd) que j'ai si prudemment attaché à ma fortune... car je prévoyais que l'on voudrait entraîner d'abord ce chef de tant d'ouvriers turbulens... et Peterson vient de me confier tous les plans du princeGustave... il me trace ici sa route... Oui... {Lisant.) « C'est par Sundswal qu'il doit faire » son chemin... il y est attendu, et les forteresses » d'Arbaga doivent être mal défendues... Quanta » Stockolm,une révolte doit y être excitée par un » soldat volontaire appelé Éric, et qui n'est autre » que le fameux Ranner, si dévoué jadis au père » de Gustave... Pour se préparer des ressources » dans votre palais même, il doit bientôt se pré- » senter à vous pour vous demander que vous » lui accordiez la faveur de le faire enrôler dans » les gardes du palais... » ( Par ant. ) Celui-là sera facile à saisir... et je veux, Éric Banner, te livrer moi-même au roi... Quant à Gustave, il arrivera jusqu'à quinze lieues de Slockliolm pour y être battu par les troupes que dès demain nous enverrons à sa rencontre... et quand j'aurai livré les deux victimes à Christiern, nous serons bons amis... mais le peuple, il me haïra toujours, car il me regarde comme une des causes de sou affreuse pauvreté... Ah! vienne donc Frédage avec le l'vre du paysan, et je dirai au peuple : Tandis que je délivrais le roi d'un ennemi, je travaillais à te délivrer de la peste et de la famine, toi, peuple affamé... l'or que l'on m'accuse d'avoir enlevé du trésor, voici ce à quoi je l'ai employé...

CHRISTOPHE LE SUEDOIS

voici ce que j'ai fait pour toi... Et je veux préparer à l'avance des proclamations... (// va pour rentrer à droite; s'arréiaut.) Ah! capitaine Magnus...

MAGXDS, s'avauçant.

Me voici, monseigneur...

OLAUS

Un soldat volontaire se présentera aujourd'hui même au palais, il demandera à me voir, tu me l'amèneras aussitôt.

MAGNUS

Son nom, monseigneur?

OLAUS

Éric... ne l'oublie pas... Éric I

MAGNUS

Je ne l'oublierai pas.

OLAVS.

Tu me l'amèneras, et tu entreras avec lui. . surtout sois bien armé

MAGNUS

C'est bien, monseigneur ( Olails sort par la porte à droite. Sett!.] Le ministre et le roi ne sont plus d'accord... si le roi chassait le ministre, qui deviendrait mon second maître? Que m'importe? je ne dois pas m'en inquiéter, moi qui ai juré en recevant ici mon épée de capitaine de toujours agir et de ne jamais songer. ..

V\\ W'\\\'VV'V\VW\V\\W\'V\VV\'V'V\VV\'VV\^X'VAVXW'V\XM/V\.VV\V\'Vr\\VV

Page 1