SCENE V
MATÉO, JULIANL
MATÉO, quiles a suivies des yeux, revenant à Juliani.
Venez. {Juliani pensif ne répond pas.) Eh bien! que faites-vous? à quoi songez-vous donc?
JULIANI.
Matéo, si elle refusait de venir? si nous allions échouer?
Si, si... voilà bien les amans! si nous échouons, eh bienl mais nous n'échouerons pas. Suivez-moi, ouvrons d'abord la porte, et si vous avez peur , vous pourrez...
JULIANI.
Ah!
MATÉO
Moi, je reste ici, je l'attends, et si elle ne peut pas venir, j'irai plutôt la chercher moi-même à la chapelle.
JULIANI.
Comment! vous qui me recommandez toujours d'être prudent!
MATÉO
En général, oui, sans d-oute... mais il y a des momens de crise où la témérité devient de la prudence; et moi, je ne réussis jamais mieux qu'en faisant delà prudence à force d'audace. Je le répète, si la signera...
JULIANI.
Y pensez-vous?
MATÉO
Et pourquoi pas? me voyez-Y0U8 surgir subito
MATÉO, OU LES DEUX FLORENTINS
SI
comme un noir fantôme parmi cette foule timide et superstitieuse, saisir la signera d'un bras nerveux, l'enlever et disparaître au milieu de la conlusiou, de l'épouvante et des signes de croix de toutes ces bonnes amesl [Avec chaleur.) Quel coup de théâtre! quel beau cinquième aclel ça me rappelle... qu'en dites-vous? si nous essayions!...