‹ Magasin théâtralChapitre 737 sur 1711 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

VENETTI, MATÉOy à table:

MATÉO, à Venetti qui sitit Michela.

Signor, un mot, s'il vous plaît, j'aurais quelques renseignemens...

VENETTI.

Ce serait bien volcnticrs; mais;..

MATÉIO.

Mais... vous aimeriez mieux accompagner Michela...

VENETTI.

Non... mais mon maître... monseigneur...

MATÉO, à part.

Diable!... {Eaul.) Signor Venetti, venez, ça...

VENETTI.

Hein ?

MATÉO

Prenez un siège, mettez-vous là, près de moi... allons, allons, je l'exige... {Venetti va prendre un fauteuil ) Je saurai bien t'empécher de rejoindre monseigneur.

VENETTI, à part.

Quel changement! est-ce que Michela aurait raison? Après ça, je remarque une chose, ce flacon de vin était plein jusqu'aux bords, et... MATÉO, d'un air affable.

Puisque nous devons désormais vivre ensemble,

causons un peu à cœur ouvert: je ne suis pas toujours là femme qui, pour se faire craindre et respecter de son élève, doit conserver devant elle un maintien grave et sévère ; j'ai aussi mes momens d'abandon et d'épanchement dans l'intimité; vous verrez... nous sommes seuls...

VENETTI, effrayé.

Oui, oui, nous sommes seuls..,

MATÉO, lui présentant vn verre de vin.

Avec un biscuit... allons, allons, vous ne pouvez pas refuser, de ma main...

VENETTI, acceptant.

Signera...

UATÉO.

Vous me paraissez posséder la confiance de monseigneur?...

VENETTI.

Je m'en flatte.

MATÉO

Cela ne m'étonne pas : il suffit de vous voir, vous avez une de ces physionomies qui inspirent du premier abord...

VENETTI, à part.

Ça devient fort affligeant... au dehors Matéo...

UATÉO.

Que parlez-vous de Matéo , n'est-ce pas cet homme dont monseigneur m'a entretenu ?

VENETTI.

Oui. {Le regardant.) C'est singulier, maintenant que je vous vois de plus près...

MATÉO, tendant son verre vivement.

Veuillez...

VENETTI.

Voilà...

Il veut lui verser de l'eau.

MATÉO

Merci...

Il boit le vin pur.

VENETTI, se rapprochant de Matéo.

Monseigneur, dites-vous, vous a parlé de Matéo? saurait-il où il est?

MATÉO, avec mystère.

Oui, on l'a vu...

VENETTI.

Où cela?

MATÉO

VENETTI.

Ici!

Oui, dans Florence même..

VENETTI.

Dans Florence... belle nouvelle l

MATÉO

Vous saviez?

VENETTI.

Si je le sais... vous me demandez cela à moi 1 UATÉO, à part.

Pourvu que Michela ait le temps d'arriver à la prison. {Il se verse du vin, Venetti veut lui donner de l'eau.) Merci, ça m'est défendu... Mon Dieu, comme vous aimez l'eau ! vous avez un bien grand penchant pour l'eau, mon bon ami. Dites-

MATÉO, OU LES DEUX FLORENTINS

moi, pensez-vous, comme monseigneur, que ce Matéo soit capable...?

VEKETÏI.

Je le crois capable de tout, il ne respecte rien.

JtATÉO.

0 ciel I vous m'efifrayez 1 . . .

VENETTI.

Oh ! rassurez-vous, quand je dis rien, c'est une manière de parler, il est des personnes...

N'importe , il faut nous tenir sur nos gardes, nous entendre, nous concerter ensemble pour déjouer ses projets; vous me protégerez, vous me -éfendrez contre cet homme, mon ami, mon cher Venetti.

TESETTI.

Je... certainement... après ça', je ne puis pas trop vous promettre... (à part ) quand c'est tout au plus si, lorsqu'il s'agit de moi-même... MATÉo, se rapprochant de Ycnctti.

Et d'abord... quelles sont les issues?

VENETTI.

Les... il y ad'abord... Ah! mais c'est étonnant, plus je vous examine, et plus il me semble que ce n'est pas la première fois...

MATÉO, se levaiît et jetant sa serviette.

Vous pouvez faire enlever.

VEKETTI.

Il sonae, Oui, oui...

MATÉo.

Eh bien! dites-moi donc les issues par lesquelles on pourrait entrer ou sortir... (à part ) sortir surtout.

TENETTI.

Cette galerie et tout ce côté du palais donnent. ..

MATÉo .

Sur la cour et les jardins...

VENETTI, étonyié.

Comment I

MATÉo, se reprenant.

Oui, j'ai remarqué ça en arrivant.

VENETTI.

Ici l'appartement de la signora.

MATÉO, à part.

Celui de sa mère.

VENETTI.

Qui communique avec le vôtre.

MATÉO

Bien. {A part.) Absolument comme autrefois, rien de changé. (Haut.) Vous concevez qu'il est essentiel...

VENETTI, qui l'examine toujours avec curiosité.

Oui, oui; mais, pardon, si à mon tour je me permets une question ?

MATÉO

Parlei .

VENETTI.

Signora, n'auriez-vous pas eu unfils, par hasard? MATÉO, jouant la pudeur offensée et cachant son visage avec son éventail.

Signer!

VENETTI,

Oh! pardon, non... je...

MATÉO, rvmontant la scène.

Vous oubliez que jamais..

VEWETTi, le suivant.

AL ! oui, oui, c'est juste .. pardon ! ni un petitfils non plus! alors il faut que nous nous soyons rencontrés quelque part.

MATÉO

C'est possible. {Les domestiques entrent et enlèvent la table.) lUais la signora va venir, et j'ai promis à monseigneur... laissez-nous.

VENETTI.

Avec plaisir.

MATÉo.

Veuillez aller me chercher la caisse que Michela a dû envoyer.

VENETTI, à un domestique .

Francesco, allez.

MATÉo.

Non, vous, je tiens à ce que vous y alliez vous même, j'y tiens absolument.

VENETTI.

C'est différent. {A part.) Lorsqu'elle prend ses grands airs...

MATÉo.

Allez donc.

Il sort.

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