SCENE V
MATÉO, JÉRONIMO, puis VENETTI.
MATÉO
Vous voyez ce bâtiment... le premier lur la droite?...
JÉRONIMO
Le bâtiment anglais ?
MATÉO
Cinquante ducats si cette lettre est remise au capitaine dans vingt minutes... vous m'entendez!
JÉRONIMO
Très-bien.
MATÉO
Et si quelques sbires viennent flairer de ce côté, cinquante autres ducats pour vous taire. JÉRONIMO, calculant.
Cinquante et cinquante font cent... ( à part et regardant la droite ) la partie est égale.
MATÉO
Est-ce convenu ?
JÉRONIMO
Certainement.
MATÉO, lui remettant Vargent.
Je puis compter sur vous?
JÉRONIMO
Signor, je ne suis qu'un pauvre hôtelier; mais j'ai la conscience d'un... d'un pèlerin.
MATÉO
Je n'en demande pas davantage; deux lignes encore, et vous pourrez partir.
Il écrit.
>ÉRONnio, à lui-même, tenanliine bourse de chaque main.
Cent pour garder le silence... cent pour ne rien dire... total... deux cents ducats pour me taire; je me tairai .. la probité avant tout... j'obéirai à tous les deux, parce que je l'ai promis ; qu'un lionnéte homme n'a que sa parole; et qu'enfin, dans la position où ils m'ont placé, mon devoir est de rester neutre, de recevoir leurs ordres, et... et tout ce qui s'en suit.
Il met les deux bourses dans ses poches.
MATÉO, fermant la lettre, à lui-même.
Voilà... dans une heure... ils peuvent être rendus au quai... avec une bonne embarcation... des hommes bien armés...
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