SCÈNE VL
BURIDAN, seul, lié et couché. •
Un des hommes qui m'ont descendu ici m*a serré la main, mais que pourra-t-il pour moi... en supposant même que je ne me sois pas trompé?... me procurer de l'eau un peu plus fraîche, du pain un peu moins noir et un prêtre à l'heure de ma mort... J'ai conspté les deux cent vingt marches qu'ils ont descendu, les douze portes qu'ils ont ouvertes... Allons ,Buridan, allons; snnge à mettre de l'ordre dans
ta conscience : tu as à déméier avec Satan un compte long et embrouillé... Insensé! dix fois insensé que j'ai été! je connais les hommes, leur honneur qui se brise comme verre, qui fond comme neige, quand l'haleine ardente d'une femme souffle dessus... et j'ai été suspendre ma vie à ce fil!..- Insensé! cent fois, mille fois insensé!... Comme elle est contente à celte heure ! comme elle raille! comme elle serre son amant entre ses bras!... Comme cha cun de ses baisers arrache à Gaultier un remords du cœur! tandis que moi... moi, je me
LA TOUR DE NESLi:.
roule sur l;i terie Je ce cachot... J'aurais dû éloigner le jeune homme... Si jamais !... (Riant.) C'est possible!. ..c'est une seule étoile dans un ciel sombre; c'est un feu follet pour le voyageur perdu. Elle ne nie laissera pas mourir ainsi : elle voudra me voir, ne fût-ce que pour insultera ma mort...O démons!... démons qui faites le cœur des femmes... oh ! j'espère que vous n'aurez oublié dans le sien aucun des sentiments pervers que je Kii crois, car c'est sur l'un d'eux que je compte... Mais quel peut être cet homme qui m'a serré la main en me descendant ici? Peut-être vais-je le savoir,la porte s'ouvre.
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