I.AMIIlT
Impossible.
BURIDAN
Peux-lu fouiller dans ma poche et y prendre une bourse pleine d'or?
1 ANDRY
Oui, capitaine.
BURIDAN
Prends donc, dans cette poche... celle-ci.
LANDRY
Après?
BURIDAN
Combien touihes-tu de livres par an?
LANDRY
Six livres.
Compte ce qu'il y a dans celte bourse pendant que je vais réfléchir. (Pause d'un instant.) As-tu compté?
LANDRY
Avez-vous réfléchi ?
BURIDAN
Oui; combien y a-t-il?
LANDRY
Trois marcs d'or.
BURIDAN
Cent soixante-cinq livres tournois, fc-coute. H te faudra passer ici, dans une prison, vingthuit ans de ta vie pour gagner cette somme. Jure-moi, sur ton salut éternel, de faire ce que je vais te prescrire, et cette somme est à toi ; c'est tout ce que je possède. Si j'avais plus, je te donnerais plus.
LANDRY
Et vous ?
BURIDAN
Si l'on me pend, ce qui est probable, le bourreau se chargera des frais d'enterrement, et je n'ai pas besoin de cette somme; si je me sauve, ce qui est possible, tu auras quatre fois cetf* somme, et moi mille.
LANDRY
Qu'y a-t-il à faire, capitaine?
Une chose bien simple. Tu peux sortir du Châtelet, et, une fois sorti, n'y plus rentrer.
LANDRY
Je ne demande pas mieux.
BURIDAN
Tu iras le loger chez Pierre de Bourges, le taveriiier, par-devers les Innocents; c'est là où je logeais. Tu demanderas la chambre du capitaine, on te donnera la mienne.
LANDRY
Jusqu'à présent, cela ne me parait pas bien difficile.
BURIDAN
Écoute : une fois entré dans cette chambre, tu t'y renfermeras; tu compteras 1«; dalles qui la pavent à partir du coin'où se trouve un crucifix. (Landry «e signe.) Écoute-moi dor.c Sui b