SCÈNE I
GAULTIER, puis CHARLOTTE.
GAULTIER , entrant.
Marguerite! Marguerite! elle ne sera point «ncore sortie de sa chambre.
CHARLOTTE, paraissant à la purte de la reine.
Est-ce vous , madame la reine?... Le seigneur
GAULTIER
Charlotte, notre souveraine, que Dieu conserve! est en bonne santé, j'espère?...
CHARLOTTE
Je n'en sais rien , monseigneur ; je sors de sa chambre.
GAULTIER
Eh bien?
CHARLOTTE
Elle n'y a point couché.
GAULTIER
Que dis-tu là, Charlotte?
CHARLOTTE
La vérité... Ah! mon Dieu ! je suis bien inquiète.
% Gaultier.
Que dis-tu?
CHARLOTTE
Je dis, monseigneur, que je venais voirai la reine n'était pas dans cette salle.
GAULTIER
La reine n'est point dans son appartement, elle n'est point ici, elle n'est point au palais... O mon Dieu! mais ne sais-tu rien, enfant? nesais-tu rien qui puisse nous indiquer ovi elle pourrait être?
CHARLOTTE
Hier au soir elle m'a demandé sa mante pour sortir, et je ne l'ai pas revue depuis.
GAULTIER
Tu ne l'as pas revue!... mais tu sais peut* être où elle allait... dis-le-moi, que je coure sui sur ses pas, que je sache ce qu'elle est devenue, que je la retrouve.
CHARLOTTE
Je ne sais point où elle allait, monseigneur.
GAULTIER
Écoute, ne crains rien; si c'est un secret qu'elle t'a confié, dis-le-moi, car elle me confie n moi aussi tous ses secrets; ne crains rien et répète-moi ce que tu sais, je lui dirai que je t'ai forcée de me le dire, et elle te pardonnera; et moi, moi, Charlotte, tu me tireras un j)oignard du cœur; n'est-ce pas? elle t'a dit où elle allait.
AUTE IV, Vir TAD
CIlAI.LOrXE.
Elle lit; m'a rien dit , je vous le jure.
OAl.LTIEn.
Oui, oui, elle l'a recoiiiiiiandé la discre'tion ; tu fais bien , enfant , de la lui garder... mais moi, moi, tu sais, elle m'aurait dit comme à toi oîi elle allait ; dis-le-moi ; attends, desirestu quelque chose que tu u'espërais pas obtenir dans ce monde ?
CHAnLOTTE.
Je ne désire rien , que de savoir ce qu'est devenue la reine.
GArLTIER.
Demande ce que tu voudras , et dis-raoi où elle est, car tu dois le savoir, n'est-ce pas? demande ce que tu voudras : des bijoux, je t'en (ouvrirai ; as-tu un fiancé pauvre? je le doterai; veux-tu l'avoir près de toi? je le ferai entrer dans mes gardes ; ce que n'espérait pas la H'ie d'un comte ou d'un baron , tu l'obtiendras... toi... sur une seule réponse. ..Charlotte, où est Marguerite? où est la reine ?
CHARLOTTE
Hélas! hélas! monseigneur, je ne sais oas , mais peut-être...
GAULTIER
Dis ! dis !
CHARLOTTE
Cet Italien , Orsini...
GAtJLTIER.
Oui, oui! tu as raison, et j'y cours, Charlotte... Oh ! si elle revient en mon absence ; oh ! dis-lui qu'elle m'accorde un instant avant la rentrée du roi ; tu la supplieras, n'est-ce pas ? lu lui diras que c'est moi, moi, son serviteur tidéle et dévoué , moi qui l'en prie : tu lui diras que je suis au désespoir, que j'en devien- <lrai fou si elle ne me dit pas un mot, un mot qui me rassure et me cons<(le.
CUAHLOTTE.
Sortez , sortez , voici qu'on ouvre les appartements.
GAULTIER
Oui, oui.
CHARLOTTE
Bon courage, monseigneur, je vais prier pour vous.
(Gaultier sort, et Churlotle rentre clicz la reine. )
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