SCENE X
DON LUIS DE CABRERA, ALTAYILLA, MATTEO , LORENZO , Seigneurs au fund.
ALTA VILLA. Oui!... c'est Une triste nouvelle, qui va jeter le deuil dans la fête!...
DE CABRERA. Une belle jeune fille, ma foi , à ce qu'on m'a dit !
ALTAVILLA. Et l'on ignore lemotif ?...
DE CABRERA. Quelque amour secret et contrarié, sans doute... Quoi qu'il en soit, c'est tm déplorable événement !
LOREAZO. Que disent-ils donc?... De quel malheur parlent-ils?...
MATTEO. Oh I c'est une nouvelle incursion de ces bandits qui désolent les environs de Naples.... Ils ont brûlé un village.
li cherche .î reloigner du groupe.
ALTAVILLA. Mais quel est le nom de cette jeune fille?
DE CABRERA. On ne me l'a pas dit!...
On l'a vue se promener quelque temps près d'un balcon ; mais elle a saisi le moment où la galerie se trouvait complètement déserte pour céder à son désespoir!... Ce n'est que plusieurs instans après, trop tard pour la sauver sans doute , qu'on l'a cherchée vainement. La seule trace qu'on ait trouvée d'elle, c'a été son voile, flottani sur les flots...
LORENZO. Mais que disent-ils donc?...
Laisse-moi, Matteo, je veux savoir et qu'ils racontent!...
Il s'approche du gronpc.
DE CABRERA. Et l'on n'a pu sauver cette infortunée?...
LORENZO. Grand Dieu !
DE CABRERA. La mer en cet endroit a des tourbillons terribles... Il n'y avait là personne que l'on pût sacrifier... D'ailleurs il eût été probablement trop tard. La lune a permis d'apercevoir à quelque distance un pêcheur sur sa barque. On l'a appelé j
mais l'éloignement et le bruit des flots l'ont empêché d'entendre. Il a disparu à l'horizon.
LORENZO. Mais quelle est donc cette feiîinie qui a péri?...
DE CABREUA. Oïl! pour cela, nous l'ignorons encore. . . Tout ce que je puis vous dire, c'est qu'elle éiait blonde!
MATTEO. Vous entendez, seigneur Lorenzo , elle était blonde... Ce ne peut être elle...
ALTAVILLA. On m'en avait parlé à moi comme d'une jeune et belle brune.
LORKNZO. Ah! les misérables!... les misérables ! . . . qui me retournent le cœur dans la poitrine avec la pointe d'un poignard ! . .,