‹ Magasin théâtralChapitre 902 sur 1711 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

LE MARQUIS , RAOUL ; puis VAUTRIN.

LE MARQUIS

Acceptez-vous une rencontre à mort et sans témoins ?

RAOUL

Sans témoins , mons/eur ?

LE MARQUIS

Ne savez-vous pas qu'un de nous est de trop en ce monde?

Votre famille est puissante : en cas de succès, votre proposition m'expose à sa vengeance, permettez-moi de ne pas échanger l'hôtel de Christoval contre une prison. ( Vautrin parait. ) A mort, soit! mais avec des témoins.

LE MARQUIS

Les vôtres n'arrêteront point le combat?

RAOUL

Nous avons chacun une garantie dans notre haine.

VAUTRIN, à part.

Ah çà , mais nous trébucherons donc toujours dans le succès! A mort? cet enfant joue sa vie comme si elle lui appartenait.

LE MARQUIS

Eh bien, monsieur, demain à huit heures, sur la terrasse de Saint-Germain, nous irons dans la forêt.

VAUTRIN

Vous n'irez pas. [A Raoul.) Un duel? la partie est-elle égale? Monsieur est-il comme vou> le fils unique d'une grande maison? Votre père, don Inigo, Juan, Varaco des los Amoagos de Cardaval, las Frescas, y Péral vous le permettrai t-il, don Raoul ?

LE MARQUIS

Je consentais à me battre avec un inconnu; mais la grande maison de monsieur ne gâte rien à l'affaire.

RAOUL , au marqtns.

Il me semble que maintenant, monsieur, nous pouvons nous traiter avec courtoisie «t en gens qui s'estiment assez l'un l'autre pour se haïr et se tuer.

LE MAUQUIS, regardant Vautrin.

Peut-on savoir le nom de votre Mentor?

VAUTRIN

A qui aurais-je l'honneur de répondre?

LE UARQUIS.

Au marquis de Moutsorel, monsieur.

VAUTRIN, /e toisant.

J'ai le droit de me taire; mais je vous dirai mon nom, une seule fois, bientôt, et vous ne le répéterez pas. Je serai le témoin de monsieur de Frescas. {A pan.) Et Buteux sera l'autre.

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