‹ Magasin théâtralChapitre 975 sur 1711 · SCENE XYÎIT · texte numérisé non relu

SCENE XYÎIT

MARTUA, MARIE, FLAVY, D'ORBENDAS.

■Monseigneur?

MARTUA.

FLAVy.

Conduisez Marie dans le donjon de l'Aigle. Elle ne part pas.

Il fail quelque pns pour nllor ouvrir la porlc de la tour. Û'OUBEXDAS, bas à Marie.

Courage I

MABIE, apcrccvaiil (VOrbendas.

Il est là ! je n'ai plus peur.

M.) rie ri Marllia oiilicnl ilms ia lour dont Flavy ferme la poi le et relire la <;lcf.

D'onBENDAS, (7 ;,f,;7.

Quelle situation! il faut improviser un expédient ou p(5rir !

FLAVV, revenant.

Maintenant, j'aurai besoin de ton zèle, de ton aetivité. Ecoute; le temps presse, tu vas partir pour le château de Treslo.

d'ouîîkkdas.

fartir! [À paît.) Mille diables cornus !

FLAVV.

Tu porteras une dépèche au capitaine de mes ger.darmes, un ordre de vcnii en toute hâte. Metstoi là, écris c« que je vais te dicter.

D'ot(î!E>DAS, à pari.

Que faire ?

FLAVy.

Y es-tu? Dépêchons.

d'orkendas. à part.

Je donnerais mille ducats d'une fraction d'idëe!

11 cl.erclie.

FLAVy, vivemer.i.

D'oKBE?<bASj vivement , rfpondani à sa pensée à lui.

J'y suis, j'y suis !

11 s'.issied devant la table, à droite.

FLAVY, assis à gauche, àVexlrémilé.

Comme tu dis cela !

d'oueendas, se ravisant.

Vous m'avez demandé du zèle ; j'y suis! j'y suis!

FLAVY, dictant, assis à qauche.

Écris : « Capitaine, réunissez à l'instant tous » les hommes d'armes du château et des environs, » tous les paysans de mes fermes: armez-les, et » venez me joindre au manoir de Montlouvier.

D"0.-Îiendas ëcril ti-ès-vivemcni ce que lui dicte Flavy. nui:i il écrit autre chose, sur un autre feuillet, furtivc. ment; de inêmojuS([u'à la fin, d'une fajon trés-visih'e pour le pulj'ic.

D'otiBEî.nAS, n^pCtant.

« Capitaine. »

FLAVY

Comment! tu n'as écrit que capitaine?

O'ORLENDAS.

Vous allez si vite... j'oublie.

FLAVY, avec impatience.

« Réunissez à l'instant tous mes gcntilshom- » mes... »

D'ORBENDAS, aprt'i avoir écrit sur son papier à lui.

Vous aviez dit tous mes hommes d'armes. (// déchire l'autre papier.) Tenez, monseigneur, j'aurai plus tôt fait de recommencer... ce n'était pas lisible. Allons doucement : « Capitaine, réunissez » à l'instant tous mes hommes d'armes... » Avec une compagnie, monseigneur, vous auriez de quo rabattre l'insolence...

FLAVY

Et le combat de demain?...

d'okbendas.

Je n'y pensais pas.

FLAVY

A quoi penses-tu donc ? je ne l'ai jamais vu si...

d'orbeivdas, écrivant toujours irùx-hAtivement.

Si bète, n'est-ce pas, nionscigiicur? c'est toujours ce qui arrive, quand on a !e plus besoin d'avoir de l'esprit.

FLAVY

Enfin, où en es-tu ? Dépêchons.

d'orbendas, .^e hâtant toujours.

Où j'en suis?. .. {A pan.) Je n'en sais rien,

FLAVV.

Tu le démènes comme un possédé, cl lu n'avances pas. Avec la moitié de ce mouvement, un autre...

d'orbendas.

La moitié? (4 pari.) S'il savait que j'écris pouf deux!

Flavy va à lui; d'Orbcndas fait disparaître son papier secn.t à lui sous l'autre (|u'Ll montre sans se dessaisir.

FLAVY, sur son épaule.

Que de fautes encore! Il faudrait ôtre un diable pour déchiflTrer cela.

d'orbekdas.

Votre capitaine en est un.

FLAVV.

Continuons, continuons.

d'orbkkdas.

Oh ! si vous restez la, monseigneur, je vais écrire plus mal encore.

FLAVY

Impossible.

d'orbendas.

Je vous demande pardon.

FLAVY, allant se rasseoir à gauche.

Allons, allons.

D'ORBENDAS, reprenant son manège.

« Du château et des environs... » Dispensezvous, monseigneur, j'ai retenu le reste. FLAVY, 0*^/6' a gauche.

N'est-ce pas, dis-moi, qu'elle est belle, cette jeune fille ?

LE MANOJU DE MONTLOUVIER

D'oKBiiKDAS, improuvaut.

Oh ! oli !

FLAVV.

Une grâce, une candeur, et, avec cela, de la vivacitt', de Icsiirit.

d'orbenda?, à part.

C'est mon élève. [Ilaïu.] Monseigneur devient bien facile.

FLAVY

m le comte d'Arménis voudrait.... Où en cs-lu?

d'orbendas.

Vous dictez, vous parlez; vous me troublez au dernier point,

FLAV?, vivement, colère.

Répète.

d'orbendas, répétant en désarroi un fragment de son papier furiif.

« Si monseigneur devient pressant, voici ce qu'il » faut faire. »

FLAVV.

Que dis-tu là ?

D'ORBENDAS, Ô ])ait.

Oh ! [Haut, se levant.) Je dis : Si monseigneur devient trop pressant, voici ce que j'ai à faire : me lever, secouer les doigts {il les secoue), faire que!(»ucs pas pour me dégourdir et me remettre a la besogne.

11 se l'assied.

FLAVY

Décidément, tu as quelque chose.

U'Orhciulas nicl d.ius sa puilrine son papier furtif.

d'orbendas.

J'ailini.

FLAVV, allant à lui.

Voici la nuit; donne, que je signe.

Voilà.

FLAVY

Quel griffonnage!

d'orbendas.

l'ius je me liàte et moins bien je fais; si vous m'aviez donné une demi-heure.

FLAVV.

Pourquoi pas une heure?

d'orbendas.

C'est ce que je voulais dire.

FLAVV.

Tu vas partir à l'instant.

d'orbendas.

■Oui, monseigneur.

FLAVY

Crève ton cheval, s'il le faut.

d'orbendas.

S'il le faut, oui.

FLAVY

11 le faut.

d'orbe>das.

Je le crèverai ! {A pan.) C'est bien mon intention. [Haut.) Et un laisscz-passcr, monseigneur? La nuit , on n'entre dans vos châteaux qu'au moyen...

C'est juste... (// écrit.) Voici.

d'orbendas.

Merci.

FLAVY, fausse sortie.

Ah ! tu diras à Bruno de passer chez moi.

d'orbendas, rêvant.

Oui, monseigneur.

FLAVY, criant.

Entends-tu?

d'orbendas.

Sans doute.

FLAVY

Je veux qu'il chante à Marie sa dernière poésie d'amour.

d'orbendas.

Où faudra-t-il aller vous rendre compte de mon message?

FLAVY

Au donjon de l'Aigle, près de Marie; je n'ouvrirai qu'à loi seul.

11 sort rapidement par le fo.nd, et tourne à gauclie; la nuit vient insensiblement.

VV V vwtv VW VV WVWVVX X V\ \ V VV\ V vwwvwwwvvw vwwvwvw w*

Page 1