SCENE XII
Les Mêmes, LA VICOMTESSE, puis FLAVY.*
LA VICOMTESSE
Au secours, d'Orbendas! l'émotion va tuer ma fille 1
Elle désigne la chambre.
d'orbendas, quittant Melchy.
Marie !
MELCBT, à la fenêtre de gauche.
D'Orbendas est un traître!
Il cherche à gagner la porte au-dessus.
d'orbendas, ie frappant de son poignard et le
jetant à terre. Melchy est mort.
Misérable !
LA vicomtesse.
Oh!
d'orbendas, troublé.
Malédiction!... Monseigneur averti... Marie défaillante!... Plus assez de temps pour vous sauver toutes deux !
LA vicomtesse, allant à la porte de gauche.
Sauvez, sauvez ma fille !
Oh! j'ai pensé à tout! {Il ouvre son manteau et découvre une échelle de corde. Il la jette en dehors de la fenêtre de droite, au-dessus de la balustrade où. elle est retenue par des crochets. ) Veillez à cette porte {de gazicfte) 1 Madame, le salut de Marie dépend de quelques instans ! LA vicomtesse, exaltée, tirant son poignard.
Oui, oui, allez; j'aurai le courage d'une mère! d'orbendas ," entrant dans la chambre de droite.
Marie ! ma pauvre Marie !
n disparaît.
LA vicomtesse, prêtant l'oreille.
O ciel! j'entends!... {Criant.) D'Orbendas, hâtez-vous !
D'ORBENDAS, portant Marie dans ses bras. Marie revient à elle!... Soyez sans crainte; j'ai force et courage, et le ciel est pour nous !
Il enjambe la balustrade et descend graduellement.
LA vicomtesse. Criant à d'Orbendas.
Monseigneur est là !
FLAVV, dans la coulisse.
Melchy!
LA VICOMTESSE , poussant la porte de gauche. Trop tard! trop tard!... arrêtez! arrêtez!
FLAVY**, paraissant à la porte de gauche. Vivante !... trahison!... Où est-il donc, ce lâche d'Orbendas?
LA vicomtesse, reculant vers Ja fenêtre de droite. Grâce! grâce!
* Melchy, D'Orbendas, la Vicomtesse.
•• Melchj, Flavy, la Vicomtesse,
FLAVY, désignant la fenêtre de droite.
Là!... c'est là !
LA vicomtesse, à la fenêtre.
Suspendus encore sur l'abîme!... Pitié!
FLAVY
Qu'ils périssent tous deux !
LA vicotaTESSE, le repoussant.
Pitié, pitié pour ma fille!
FLAVY, luttant.
Livrez-moi donc passage !
LA VICOMTESSE
Ma fille va périr! {Elle tire son poignard.) Le désespoir m'égare, et ce poignard... {Jetant uu coup d'œil à la fenêtre.) Sauvée!
FLAVY
Enfer!
LA VICOMTESSE
Maintenant, tiens, punis-moi de t' avoir épargné un crime... Prends cette arme fatale {Flavy prend le poignard) que j'arrachai au chevalier d'Eurondel.
FLAVY, sur le point de frapper la Vicomtesse. Quoi! ce poignard!...
LA VICOMTESSE
Il porte la devise et le nom de l'infâme !
Il regarde le poignard.
FLAVY, plus troublé.
Oui, oui!... O ciel! et quand lui avez-vous arraché ce poignard?
Il y a dix-huit ans.
FLAVY, vivement.
Où donc , où donc ?
LA VICOMTESSE
Dans le monastère de Puzzarol.
FLAVY
Une nuit, au milieu des ténèbres ?
LA VICOMTESSE
Oui, oui, et une voix trompeuse m'avait dit en rêve qu'un jour j'en frapperais le lâche qui m'a déshonorée.
FLAVY, lui présentant le poignard.
Vous pouvez l'en frapper, madame.
LA VICOMTESSE
Quoi!
FLAVY
Oui, la veille de cette horrible nuit, j'avais, dans une rencontre, pris au chevalier son épée et ce poignard.
LA VICOMTESSE, égarée d^ espérance et de joie.
Flavj'!... est-il possible!... Flavy! mais alors ma fille....
FLAVY
Ah! courons! Marie! Respectez les jours de
Elle fuit avec d Orbendasl elle est sauvée!
FLAVY
Elle est perdue. Toutes les issues gardée», ordre de tuer tout ce qui se présentera.
LA VICOMTESSE, courant h la fenêtre de droite. Désolation!... Marie! d'Orbendas 1 FLAVY, çà et là.
Marie... arrêtez.
LA VICOMTESSE
Marie 1
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