‹ Magasin théâtralChapitre 995 sur 1711 · QUELQUES VOIX · texte numérisé non relu

QUELQUES VOIX

Grâce !

voix PLUS NOMBREUSES.

Non... A mort le juif... à mort !

CATHERINE

Oh ! les misérables!

LINCOLN, aux gardes.

Marchons, messieurs.

CATHERINE

Arrêtez... Monseigneur, il faut que je vous parle'. {Ils se placent tous deux sur l'avant- s cène.) Monseigneur, est-ce que vous êtes bien décidé à le faire tuer?

Est-ce que je suis, moi, le parlement d'Angleterre ?

CATHERINE

Le parlement d'Angleterre !... Vous savez bien, mylord, que ce ramas d'aventuriers sans nom, et de gentilshommes sans ame qui vous sont plus vendus que le dernier de vos valets... tout cela n'est pas le parlement d'Angleterre.

LINCOLN

Eh bien, quels que soient ses juges, son arrêt est irrévocable.

CATHERINE, vivement.

Monseigneur, la mort de ce vieillard serait un crime inutile dont vous ne vous souillerez pas.

LINCOLN

Sur mon ame, ce juif mourra : c'est lui seul qui l'a voulu, c'est sa seule opiniâtreté.

CATUERINE.

11 ne pouvait faire autrement, monseigneur...

* Samuel, le Constable, CalLerine, Lioculo.

sa vertu lui défendait de sacrifier l'héritage de son fils pour sauver ses jours... Jlais ce qu'il a refusé de faire, je puis y consentir, moi !

LINCOLN

Que m'importe à présent!...

CATHERINE

Sa créance sur vous est la plus saine partie de sa fortune : nous vous en donnerons quittance parfaite et entière. Prenez tout, monseigneur, toutes nos richesses... pour la vie d'un époux et d'un père, et nous verserons sur vous des larmes de reconnaissance.

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