ALI
0 grand Dieu! le cliev.ilier Wilfrid I
WIIEUID.
Enchanté de vous revoir, et tout à votre ser-
vice; faites comme chez vous, ne vous gênez pas... Voulez-vous déjeuner avec nous?
Al'BKEY.
Mais comment se fait-il?...
BULLDOG
Ah! si vous lui demandez son histoire, il n'en finira pas : fausses signatures, dot escamotée, fausses clefs, vol chez un banquier, voilà son affaire, c'est tout simple. Tenez, en voila un meilleur... Mario w!
MARLOW
On y Ya!
BULLDOG
Un fameux espiègle! il s'est déjà évadé trois fois ; c'est ce qu'on appelle un cheval de retour.
AUBKEY.
Malheureux Wilfrid !
BULLDOG
Laissez donc là votre Wilfrid... Regardez-moi un peu cette mine. (Il lui montre Robinson à demi couché. ) Allons, houp ! debout , l'homme des bois ! Vous voyez bien ça, c'est un gentle- ' man de grand chemin; ça ne parle jamais plus que vous ne voyez. C'est pourtant ce malin-là qui a arrêté une diligence à lui tout seul. (Aunautre qui tient encore son écuelle. ) Et toi, Sheepfort, tu n'as pas encore fini ta soupe?... Voyez, monsieur, comme on les nourrit! quelle couleur ça vous a, ce bouillon! comme c'est appétissant! Vous plairait-il d'en goûter? il est tout-à-fait comfortable.
AUBREY
Merci, mon brave homme!... 0 ciel! voilà en core une figure que je connais.
James , se levant.
Tulles de Manchester, première qualité.
AUBREY
James! pauvre garçon; va, le plus grand malheur de ma vie c'est d'avoir été forcé de déposer contre toi.
JAMES
Oh! je sais bien, vous avez pleuré; et moi donc...
Il fait semblant de pleurer , et tout-à-coup éclate de rire. AUBREY.
Quelle horrible dépravation ! Envoyez donc un homme en prison pour un pareil délit!
Eh bien ! où voulez-vous qu'on l'envoie ?
AUBREY
Voilà un pauvre diable corrompu pour la vie ; il n'est peut-être coupable que d'avoir suivi l'exemple de son maître.
BULLDOG
Son maître ! ah ! laissez faire, il lui en remontrera bientôt.
AUBREY
Que de victimes pour un seul forfait ! Et ce malheureux Walton, qu'est-il devenu?
JAMES et BULLDOG.
Walton, il est...
WILFRIP.
Taisez-vous! taisez-vous! (James, Bulldog e les prisonniers s'éloignent un peu d' Aubrey, et U laissent isolé avec Wilfrid sur lavant-scène.) Monsieur Aubrey, savez-vous des nouvelles de lady Kilbrin?
AUBREY
Elle est morte, accablée de chagrins.
WILFRID
Et Lucy ?
AUBREY
Je ne sais où elle s'est retirée, mais je la crois à Londres.
Walton , derrière eux, prête une oreille attentive
WILFRID
A-t-elle quelques ressources ?
AUBREY
On assure que les biens de sa tante ont été fisqués, et qu'il ne lui reste rien.
walton , à part.
Infortunée Lucy!
JAMES
Voilà le jobard qui s'attendrit... le i les yeux ! les gouttes de pluie! c'est le l (A Aubrey, d'un air piteux.) Mon gentlei n'oubliez pas les prisonniers ; on boira à santé.
aubrey, à Bulldog.
Est-ce qu'on peut?...
bulldog.
Oui, ça leur procure quelques douceurs.
AUBREY
Dam, mes enfans, je ne suis pas riche; je ne suis encore que commis-voyageur ; il faut aller doucement pour réussir honnêtement... (A part.) Allons, que je suis bête! voilà que je les humilie.
bulldog.
Oh ! n'y a pas de danger.
aubrey, aux prisonniers qui se pressent autour de lui.
Tenez, tenez... (A part.) 11 faut réparer cela. (Haut. ) Je suis fâché de n'avoir pas davantage. 11 leur distribue de l'argent.
bulldog, à part.
Ça me reviendra.
wilfrid, à Aubrey.
Monsieur Aubrey, je vous recommande m ; pauvre sœur.
aubrey, attendri.
Soyez tranquille, je ferai mon possible... Allons, du courage. (A part.) Sortons, sortons; ces gens-là me font pitié f.. Je crois en vérité... (Il essuie une larme. — Haut.) Monsieur le guichetier, reconduisez-moi...
les prisonniers , l'entourant.
Vivent les bons commis-voyageurs!
AUBREY
C'est bien, c'est bien... guichetier...
Bulldog et Aubrey sml
NEWGATE
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