WALTON, JAMES, WILFRID
Tous deux ont un aspect effrayant.
WALTOX.
Entrez.
WILFRID
C'est ici?
JAMES
Elle n'est pas mal, ta cassine
WILFRID
Oui, c'est gentil. Je suis fâché seulement que tu te sois fait marchand. Mademoiselle Lucy de Kilbrin n'était pas faite pour un boutiquier.
JAMES
C'te bêtise ! Si le boutiquier a des espèces, ça ne vaut-il pas mieux qu'un chevalier comme toi, gueux et voleur maladroit?
WILFRID, d'un ton de maître.
James !
JAMES
Allons, tais-toi; le maître de la maison veut parler.
WALTON
Que me voulez-vous ? qui vous amène ici ?
JAMBS.
C'est juste, faut lui dire... Parle, Wilfrid.
WILFRID
Nous avons suivi ton exemple, mon cher beaufrère, nous avons rompu notre ban. Bref, nous sommes libres; mais sans argent et sans domi-
NEWftVTE.
cile ; il serait difficile d'en trouver sur notre physique. Par bonheur, en battant le pavé, nous sommes passés dans Pall-Mall, nous t'avons aperçu dans cette boutique, nous avons appris que tu en étais le bourgeois, et ça nous a fait plaisir, parce que nous savons bien que tu n'abandonneras pas des amis dans la débine.
JAMES
Voilà !
WALTOX.
Pourquoi êtes-vous venus jusqu'ici? Il fallait envoyer; j'aurais été vous trouver.
JAMES
Où?... dans la rue? c'était là notre hôtel ; nous sommes bien mieux ici.
Il s'assied.
WALTOX.
Je tremble qu'on ne vous ait vus entrer.
WILFRID
Au fait, il nous faut de l'argent ; tu en as, donnes-en.
WALTOX.
Je suis prêt à faire pour vous tout ce que je pourrai... mais mes moyens sont bornés... Vous n'espérez pas sans doute rester chez moi dans l'oisiveté?
JAMES
Oh ! non ; nous allons nous orienter, et puis nous nous mettrons à la besogne.
WALTOX.
Est-ce donc pour cela que vous avez brisé vos fers, et vous inspirent-ils si peu de craintes que vous cherchiez sitôt à les reprendre? Croyez-moi, faites-vous oublier, en vous livrant à quelque travail honnête qui assure votre existence.
JAMES
Pas mal, le sermon, pas mal ! mais, vois-tu, comme dit c' t' autre, nous avons plus besoin d'argent que d'avis.
WILFRID
Et puis tu nous parles d'un état, d'un métier, ça ne nous convient pas, ça. Toi, à la bonne heure, tu as été élevé pour le travail; mais moi...
JAMES
C'est juste, ça dépend des habitudes. Moi, qui étais laquais, je ne sais rien faire ; et lui, qui était mon maître, il n'en sait pas plus.
W ALTON
Songez-y, l'on doit être sur vos traces. Si vous recommencez votre honteux métier, vous serez bientôt découverts ; et moi-même, moi, qui, depuis trois ans, ai su échapper à toutes les recherches, vous me perdez avec vous, vous ruinez cet établissement qui me met à même de vous être utile.
Eh bien ! tu viendras voler avec nous. W ALTON , à part.
Les misérables ! ( Haut. ) J'espère que, réfléchissant mieux à vos intérêts, vous changerez d'avis. Dans tous les cas, je ne puis vous garder
WILFRID
Comment! tu nous refuses?
WALTOX.
Ecoutez-moi : voici quarante shellings...
James , les prenant.
Ce n'est pas trop.
WALTOX.
Je vais vous donner des vêtemens.
WILFRID
Ça ne fera pas mal; notre négligé n'est pas trop décent. On nous prendrait difficilement pour des dandys.
WALTOX.
Enfin, je vais vous louer une chambre garnie dans le voisinage.
WILFRID
A la bonne heure ! voiià parler, ça !
WALTOX.
J'irai vous voir, m'informer de vos besoins ; mais j'exige que vous vous absteniez de paraître
Eh bien! c'est dit; on s'en abstiendra.
JAMES
Oui, l'on s'en abstiendra, puisque, ça déplaît à mylord.
wilfrid, qui regarde au fond.
Eh! mais... Regarde donc, Walton.
WALTOX.
Ne prononce jamais ce nom ; on m'appelle Jacquemin.
WILFRID
Walton ou Jacquemin, regarde.
WALTON
Ciel! un constable! Malheureux! vous m'avez perdu !
JAMES
Diable! ce serait vexant de retourner si vite en cage.
WALTOX.
Rentrez dans cette chambre, elle donne sur l'allée. Si vous entendez, à la conversation, qu'il y ait le moindre danger, fuyez... Ah ! prenez ces habits, ils serviront à vous déguiser. ( Ils entrent dans la chambre.) Pour moi, j'aime mieuv être pris ici que de me sauver en pareille compagnie On frappe, ouvrons.
v\VW\WWWWWV\VWVWVVVWVWVVWV\XV\\W\\'WV\VW\VV\\\t