‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1034 sur 1577 · WALTON, JAMES, WILFRID · texte numérisé non relu

WALTON, JAMES, WILFRID

Ils sortent aussitôt après le départ d' Aubrey. La nuit a commencé à la fin de la scène précédente.

JAMES

C'est-il heureux que nous soyons entrés là!

WILFRID

C'est un coup du ciel !

WALTON

Voilà la nuit, êtes-vous décidés à partir?

Du tout; nous ne partons plus.

WALTON

Mais vous m'aviez promis...

JAMES

Oui, nous t'avions promis; mais il retourne d'une autre couleur, et notre jeu est changé.

WILFRID

Il est riche, le bourgeois qui sort d'ici?

WALTON

Mais oui... monsieur Aubrey...

WILFRID

Tiens, c'est Aubrey? Comme case rencontre! une ancienne connaissance.

JAMES

Une pratique!... {A Wallon.) Tu connais sa maison?

walton, les regardant.

Mais... je ne sais...

WILFRID

Allons, tu la connais ; tu vas nous y conduire.

WALTON

0 ciel ! je crains de vous comprendre.

JAMES

C'est ça... Nous voulons visiter sa caisse.

Et vous comptez sur moi?

WILFRID

Sur mon âme, tu devrais nous remercier de l'avoir admis en tiers.

WALTON

Ne l'espérez pas; jamais, non jamais!

WILFRID

Ne te prononce donc pas comme ça.

WALTON

Mon bienfaiteur, mon ami...

JAMES

N'y a pas d'amis... en affaires comme en affaires.

WILFRID

Penses-y bien : nous avons besoin de toi pour Téussir; nous sommes bien armés, bien décidés à ne rien ménager; moi surtout, pour ne pas man-

quer une occasion qui peut me mettre à même de me retirer des affaires, et de vivre suivant mon rang et ma naissance.

WALTON

Je vous en supplie, renoncez à ce dessein; tout ce que j'ai, tout ce que je possède au monde est à vous, prenez.

Laisse donc; belle drogue! des marchandises, des effets...

JAMES

Tandis que là-bas,' de l'argent...

WILFRID

De l'or, des billets pour quelques cent mille livres... Tu n'es pas raisonnable.

WALTON

Mais il vous sera impossible...

JAMES

Nous avons des outils.

AV ALTON

Wilfrid, oublies-tu que c'est à toi que je dois tous mes malheurs ? veux-tu y mettre le comble, achever de me rendre infâme?... Je ne puis vous donner d'argent à présent ; mais voulez-vous des billets? je vais m'engager pour telle somme que vous voudrez : mille... quinze cents guinées... c'est tout mon avoir... mais renoncez à ce crime.

WILFRID

James, qu'en dis-tu?

walton , à genoux.

Ah ! James, je te le demande à genoux.

james, après un moment de silence.

Non ; tu ne peux nous donner assez ; et puis des billets... ce n'est pas sûr... tu n'as qu'à faire banqueroute; je n'aime pas les opérations hasardeuses... Non, marchons...

walton, se relevant.

Je ne vous conduirai pas.

WILFRID

Eh bien ! c'est un homme que tout Londres doit connaître, cet Aubrey ; le premier venu nous indiquera sa demeure. ( Ils font quelques pas vers la porte, Walton rouit vers eux comme pour les retenir; Wilfrid le ramène en scène. ) Mais preiids-

IIII ATRAL.

J garde, un mot de nous, et tu es perdu. {Montrant le bureau.) Là sont des objets volés... Déjà I condamné, évadé, receleur, récidive!... \\ \lton.

Ah! ma tête s'égare! Ma femme, ma pauvre Lucy !

WILFRID

Du courage, de la résolution ; et tu reviendras à ton ménage, à tes affaires, tranquille, riche, considéré.

JAMES

Partons !

11 vont l'entraîner, Lucy paraît.

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