WALTON, JAMES, WILFRID
Ils sortent aussitôt après le départ d' Aubrey. La nuit a commencé à la fin de la scène précédente.
JAMES
C'est-il heureux que nous soyons entrés là!
WILFRID
C'est un coup du ciel !
WALTON
Voilà la nuit, êtes-vous décidés à partir?
Du tout; nous ne partons plus.
WALTON
Mais vous m'aviez promis...
JAMES
Oui, nous t'avions promis; mais il retourne d'une autre couleur, et notre jeu est changé.
WILFRID
Il est riche, le bourgeois qui sort d'ici?
WALTON
Mais oui... monsieur Aubrey...
WILFRID
Tiens, c'est Aubrey? Comme case rencontre! une ancienne connaissance.
JAMES
Une pratique!... {A Wallon.) Tu connais sa maison?
walton, les regardant.
Mais... je ne sais...
WILFRID
Allons, tu la connais ; tu vas nous y conduire.
WALTON
0 ciel ! je crains de vous comprendre.
JAMES
C'est ça... Nous voulons visiter sa caisse.
Et vous comptez sur moi?
WILFRID
Sur mon âme, tu devrais nous remercier de l'avoir admis en tiers.
WALTON
Ne l'espérez pas; jamais, non jamais!
WILFRID
Ne te prononce donc pas comme ça.
WALTON
Mon bienfaiteur, mon ami...
JAMES
N'y a pas d'amis... en affaires comme en affaires.
WILFRID
Penses-y bien : nous avons besoin de toi pour Téussir; nous sommes bien armés, bien décidés à ne rien ménager; moi surtout, pour ne pas man-
quer une occasion qui peut me mettre à même de me retirer des affaires, et de vivre suivant mon rang et ma naissance.
WALTON
Je vous en supplie, renoncez à ce dessein; tout ce que j'ai, tout ce que je possède au monde est à vous, prenez.
Laisse donc; belle drogue! des marchandises, des effets...
JAMES
Tandis que là-bas,' de l'argent...
WILFRID
De l'or, des billets pour quelques cent mille livres... Tu n'es pas raisonnable.
WALTON
Mais il vous sera impossible...
JAMES
Nous avons des outils.
AV ALTON
Wilfrid, oublies-tu que c'est à toi que je dois tous mes malheurs ? veux-tu y mettre le comble, achever de me rendre infâme?... Je ne puis vous donner d'argent à présent ; mais voulez-vous des billets? je vais m'engager pour telle somme que vous voudrez : mille... quinze cents guinées... c'est tout mon avoir... mais renoncez à ce crime.
WILFRID
James, qu'en dis-tu?
walton , à genoux.
Ah ! James, je te le demande à genoux.
james, après un moment de silence.
Non ; tu ne peux nous donner assez ; et puis des billets... ce n'est pas sûr... tu n'as qu'à faire banqueroute; je n'aime pas les opérations hasardeuses... Non, marchons...
walton, se relevant.
Je ne vous conduirai pas.
WILFRID
Eh bien ! c'est un homme que tout Londres doit connaître, cet Aubrey ; le premier venu nous indiquera sa demeure. ( Ils font quelques pas vers la porte, Walton rouit vers eux comme pour les retenir; Wilfrid le ramène en scène. ) Mais preiids-
IIII ATRAL.
J garde, un mot de nous, et tu es perdu. {Montrant le bureau.) Là sont des objets volés... Déjà I condamné, évadé, receleur, récidive!... \\ \lton.
Ah! ma tête s'égare! Ma femme, ma pauvre Lucy !
WILFRID
Du courage, de la résolution ; et tu reviendras à ton ménage, à tes affaires, tranquille, riche, considéré.
JAMES
Partons !
11 vont l'entraîner, Lucy paraît.
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