‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1039 sur 1577 · MARLOW, WALTON, WILFRID, JAMES · texte numérisé non relu

MARLOW, WALTON, WILFRID, JAMES

Ceux-ci s'arrêtent quelque temps au fond, et considèrent la maison d'Aubrey.

•wilfrid, à Walton.

Queen's-Street, dans Cheapside! ce doit être cette maison, n'est-ce pas?

W ALTON

Oui.

WILFRID

Comme c'est mesquin, pour un homme aussi riche ! Ces bourgeois ont peu de goût! et puis ça craint la dépense. Vivent nous autres, jeunes seigneurs, pour nous faire honneur de notre fortune, quand nous en avons.

marlow, à part.

Voilà trois lurons qui m'ont l'air bien observateur. Est-ce qu'ils voudraient m'enlever le morceau de la bouche? Attention, Marlow, défends ton écuelle.

walton, d part, pendant que Wilfrid et James examinent la maison d'Aubrey.

Malheureux! où suis-je entraîné? Quelle sera l'issue de cette entreprise? Si Lucy ne m'avait pas suivi? si elle ne pouvait me rejoindre? Que faire? Aubrey n'est pas encore sorti, voilà son cabriolet. Peut-être un avis secret... Mais par quel moyen?... Ils ont les yeux sur moi... Je ne serai pas libre un moment. ( Apercevant Marlow. ) Dieu! si cet homme pouvait me servir! s'il pouvait me comprendre!

marlow, à p<irt.

Voilà une figure que j'ai vue quelque part. walton , à part.

Il me regarde, il m'examine! 0 ciel ! ces traits. . . Fatale imagination, quand cesseras-tu de me poursuivre de ces horribles souvenirs ? La clarté de ce réverbère mest odieuse... Je voudrais parler à ce malheureux, mais dans l'ombre.

marlow, à part

On dirait que cet individu veut me parler ... Demi-tour, je n'aime pas les reconnaissances.

II s'écarte , et fait semblant de travailler au coin de la orne.

•wilfrid, à Walton.

Eh bien 1 beau- frère , qu'est-ce que tu rumines donc là ?

WALTON

Je regardais l'enseigne de cette taverne ; c'est là que nous allons souper?

WILFRID

Oui, c'est convenu, c'est toi qui régales. Et bien ! rien de plus facile que l'escalade. James vient de faire le plan d'attaque, il est admirable! IAMES, s'avançant.

Il paraît que le rifflard va partir. Dans une heure ou deux nous pourrons nous présenter à sa caisse.

marlow , à part.

Hein? il y a des ouvriers ici. Garde à nous !

wilfrid.

N'as-tu pas dit dans deux heures? Pourquoi pas plus tôt ?

JAMES

Imbécile ! ne faut-il pas attendre que tout le quartier soit endormi?

walton, à part.

Deux heures! Tâchons de prolonger encore. ( Haut. ) Nous ferons bien d'attendre plus longtemps.

james, apercevant Marlow.

Dites donc, les amis, voyez-vous ce sournois-là, dans l'ombre, près du mercier?

WILFRID

Laisse-le; c'est un chiffonnier.

JAMES

Chiffonnier tant que tu voudras; je parie qu'il a un œil dans la poche.

Marlow fredonne son refrain.

WALTON

James a raison ; il faut nous débarrasser de cet homme; laissez-moi l'éloigner.

Il va pour rejoindre Marlow.

james , l'arrêtant.

Halte-là, marquis, pense à ton souper, va faire mettre la table. ( Bas à Wilfrid. ) Suis-le, ne le perds pas de vue : qu'il ne parle à personne, qu'en ta présence. ( A Walton. ) Je me charge d'embêter le camarade, moi, et de le faire décamper sans trompette.

Walton entre à la taverne, Wilfrid le suit.

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