SCÈNE V
AUBREY, LUCY, couverte d'un plaid brun, cha- ' peau de feutre, voile vert, MARLOW, sur le devant, puis WALTON, WILFRID et JAMES, dans la taverne, autour d'une table.
aubrey, dans l'intérieur, appelant.
Bob!
lucy, arrivant par le fond à gauche.
J'ai tâché de les suivre de loin , mais je les ai perdus de vue. Oùsuis-je? dans Cheapside; voici la maison de monsieur Aubrey. Quelle affreuse idée! Si c'était chez lui... Ils étaient là quand 11 a pnrlé d'un remboursement... de son départ... Plus de doute... Où sont-ils maintenant? {Les
voleurs se montrent à la fenêtre. ) AU! ce sont I eux! Sous ce déguisement Wallon me rcconnal- ! tra-t-il? Avant d'agir, je voudrais pourtant savoir quel est son dessein. Comment lui apprendre que je suis là?... Ahl cette ballade que je chantais tantôt.
aubrey, sur la porte de sa maison, à son jockey. Que vous êtes étourdi! vous avez oublié le panier d'argenterie ; vous savez bien que j'ai de- "juin du monde à Ricbmond.
LUCY
Monsieur Aubrey ! je vais lui parler.
Elle fait quelques pas vers lui.
AUBREY
Allez, je garderai le cabriolet.
marlow, s' avançant.
Not' maître, voulez-vous que je tienne le cheval?
AUBREY
Volontiers.
lucy, s'arrêtant.
Mais si cet homme était du complot? Et Walton, comment l'arracher de leurs mains? Essayons de les avertir tous les deux.
Elle va se placer près de la porte du mercier, et, son voile baissé, chante.
BALLADE DU IHe ACTE.
DEUXIÈME COUPLET
Eteignez le feu, les lumières, L'incendie est un grand fléau; Il détruit des villes entières; C'est un effroyable tableau.
Il est dix heures 1
Dormez en paix
Dans vos demeures,
Marchands anglais ; Le bon watchman ne dort jamais.
aubrey, s' approchant.
Diable ! voilà une artiste qui commence un peu tard sa recette ! Au fait, il y a du monde à la taverne, les ouvriers sont généreux le samedi. walton, mettant la tête en dehors.
C'est elle! (En dedans. ) Garçon, de quoi écrire ?
LUCY
11 m'a reconnue !
JAMES
Qu'est-ce que tu veux faire ?
WALTON
• La carte.
WILFRID
Il a raison ; à lui l'honneur , puisque c'est lui
qui paie , et fais bien les choses. Un dîner d'éli-
gible !
Ritournelle du troisième couplet.
JAMES
Paix donc, bavard, écoute la musique.
•WILFRID
Ah ! la musique! je l'aime à la fureur ! je suis un dilettante.
Ils te tiennent tous deux à la fenêtre ; pendant ce temps
on voit Walton qui écrit. Aubrey s'est rapproché de Lucy , et fouille dans sa bourse pour lui donner une pièce de monnaie. En chantant le troisième couplet , Lucy cherche, par quelques signes, à attirer son atten tion sur la fenêtre.