‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1045 sur 1577 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

Les Mêmes, excepté LUCY.

Pendant cette scène, les ouvriers , qui étaient entrés pour souper sortent, et se retirfiit do cliiïérens côtés. On voit quelques bourgeois rentrant chez eux.

walton, la tête à la fenêtre.

Elle est partie! Puissc-t-elle arriver à temps!

marlow, aux autres.

Ah çà! puisque nous voilà associés, il faut nous entendre, et nous partager les rôles. Vous croyez, vous autres, que, pour avoir les jauncts, il n'y a qu'à se baisser et en prendre. On voit bien que vous ne connaissez pas les lieux.

I JAMES

liens, il'enfonccur! ne dirait-on pas qu'il con- I naît la maison comme sa hotte!

MUILOW.

.Mieux que toi, criquet! Un déluré comme moi, est-ce que tu crois que ça ne fait pas jaser les gens d'un logis?

I JAMES

Et le général Walton, pour qui le prends-tu? lui qui fait des affaires ici, lui qui, toutes les semaines, vient dîner chez Aubrey?

MARLOW

Ah! c'est différent. (À Walton.) Pardon, mon capitaine.

WALTON

D'abord, la caisse est en lieu bien caché.

WILFRID

Tu nous y conduiras.

WALTON

Il y a sans doute un secret a cette caisse t

wilfrid, montrant un outil.

Voilà de quoi le faire danser.

marlow, en tirant un autre de sa poche. f Et voilà pour jouer du violon.

james, levant son verre. ;

Un toast au succès, camarades !

wilfrid, de même.

A l'union des bons enfans ! \

marlow, trinquant avec Walton.

A notre général !

Mais ce n'est pas tout: et le chien de garde qui '. va aboyer!

WILFRID

C'est vrai, il y a un chiffonnier.

MARLOW

Oui ; mais quand il y a un chiffonnier, il y a une boulette.

WALTON

Et la cuisinière?

JAMES

Comment ! Il y a une cuisinière !

MARLOW

Oui ! et une fameuse langue, encore.

james, montrant un pistolet.

Eh bien ! pour la cuisinière nous avons le pied de cochon.

WALTON

Quoi, malheureux! tu voudrais?...

JAMES

Lui faire peur seulement.

MARLOW

Est-ce qu'il est truffé ?

WILFRID

Oui ; mais on ne le servira pas ; nous ne faisons pas le crime. •

Un petit jeune homme traverse le carrefour, et vient frap- . per trois coups à la porte de l'allée du mercier.

WALTON

Quel est ce bruit? y

marlow, regardant.

Je sais ce que c'est : c'est un petij jeune homme de l'Opéra. Diable! déjà le spectacle fini! il est tard.

La couturière, en camisole de nuit et coiffée d'un madras,

paraît à la fenêtre ; elle jette une clef au jeune homme,

qui laisse en entrant l'allée entr'ouvertc.

J IMES.

En ce cas, il est prudent de sortir d'ici; ne nous laissons pas renvoyer par une patrouille de watchmen, parce que ça donnerait des soupçons.

WILFRHi.

Allons, beau-frère, voilà le moment. II coûte cher, le souper, n'est-ce pas?

WALTON

Oh ! oui, bien cher! Garçon I

MAGASIN Tlll \IH\I.

WILFRID

Bon Dieu, quel soupir! console-toi ; va, demain nous te régalerons à notre tour.

Un garçon vient , Walton le paie. Tous se lèvent. Pendant qu'ils s'apprêtent à descendre, quelques ouvriers qui étaient encore dans la taverne en sortent, et après s'être dit adieu se dispersent. Walton, Wilfrid, James et Marlow entrent en scène. Les trois voleurs remontent le théâtre, et observent les rues voisines. Le garçon ferme les fenêtres de la taverne.

walton, à part.

L'heure avance, et personne encore!... Si j'étais pris en flagrant délit avec de pareilles gens, moi, déjà condamné, échappé ! quel moyen de faire entendre mes intentions? Aux yeux de mes juges, je ne serais qu'un criminel hypocrite; aux yeux du monde, qu'un vil dénonciateur! 0 Lucy! Lucy ! es-tu parvenue à te faire entendre ? croit-on à tes paroles ? Si j'osais fuir ?

jamf.s, lui frappant sur l'épaule.

Général ! c'est toi qui monteras le premier à l'assaut. Marlow et moi exécuterons sous tes ordres ; Wilfrid fera le guet en dehors.

WILFRID

Tout est tranquille dans les environs.

marlow, regardant les maisons du haut en bas. Les lumières sont éteintes dans le voisinage ; tout le monde dort... excepté peut-être la petite voisine de là-haut... mais elle ne s'occupe guère de ce qui se passe au -dehors.

walton, qui est allé regarder au fond avec in~ quiétude.

Nous sommes perdus! Une patrouille!

marlow, allant au fond.

Deux patrouilles !... Vite entrons dans l'allée de la 'mercière; le petit jeune homme ne la ferme jamais entièrement.

Us se jettent tous dans l'allée.

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