JACQUES, PATRICK, DICKSON
Jacques. Ne me nomme, donc pas le roi, quand Henry le tend la main, (Patrick, ému , ri ose lui prendre la main. A Dickson.) Laisse-nous, Dickson.
Dickson s'incline en sortant. Allons prévenir le duc de ce qui se passe.
Il sort.
Jacques. Te voilà donc , Patrick , toi dont j'ai tant maudit l'absence.
Patrick. Moi aussi. . . je maudissais loin d'ici. . .
Jacques. Et tu as oublié ton frère,,.
PATRICK. Moi?.,.
JACQUES. Toi , qui ne m'appelles plus Henry.
PATRICK. Je n'ose plus vous donner ce nom. . . mon roi.
JACQUES. Et pourquoi donc ?. . . Que faut-il que je fasse pour te rappeler les anciens jours? Je ne puis arracher les dorures qui couvrent ces murailles et reconstruire la cabane ; je ne puis que te tendre la main comme alors ,paur te prouver que mon cœur n'est paschangé. . .
PATRICK, lui prenant la main. Henry!
JACQUES, le serrant dans ses bras. Mon frère !
Patrick. Les souvenirs d'autrefois viennent de chasser tontes mes teneurs.
JACQUES. Laisse-moi donc te regarder, pauvre ami qui a souffert...
patricd. Oui.. . mais je n'ai jamais désespéré.
JACQUES. Et tu nous apportes, frère, la preuve de l'innocence de Catherine?
Patrick. La preuve positive. L.
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SCKNE VII.
JACQI ES, ROBERT, Patrick.
roiïi.rt, entrant par la nauche. Ensemblo!
PATRICK. Qui \icnl ?...
JACQUES. I.e (Inc.... Approchez, milord; vous n'êtes pas de trop ici : car Patrick nous apporte la prouve de l'innocence de sa sœur.
rorert. La preuve!... El laquelle?
PATRICK. Vous aile/, le savoir. Tu m souviens de notre dernière entrevue, Ilenrv?
.1 \ COTES. Oui...
pat&ick. En bienfi heure après, comme
je rentrais dans ta demeure, j'entendis des cris
dans le sentier; je courus ci je vis que l'on v niait un homme... Je volai à son secours; un second assassin survint.. \nué de ma hache, je le tins bientôt hors de combat. .Je ûs entrer
dans ta maison le pauvre tondeur de laine, que je ne savais pas être le roi, et qui expira aussitôt dans nies bras.
JACQUES, à Robert. Vous entendez , duc Robert..
rorert. Oui, sire.
PATRICK. Furieux, je me disposais à poursuivre son assassin, lorsque par la fenêtre on me jeta une lettre (la prenant dans sa ceinture) que j'ai précieusement conservée toujours... Tiens, Henry, lis, et tu verras que l'assassin s'y accuse.
ROBERT, à fart. La lettre de Dickson. ■
JACQUES, après l'avoir lu. Les infâmes!... Mais, en effet, ils s'accusent eux-mêmes... Voyez donc, duc Robert.
ROBERT, parcourant la lettre. Et le roi mourant... ne vous a pas nommé...
PATRICK. Son assassin... liélas! non... il n'a pas même, pu me nommer son fils?
robeut, à part. Je suis sauvé !
JACQUES. Et cette lettre prouve au moins (pie Catherine n'a pas été parricide.
rorert, glorieux. Oui, sire... et c'est là le plus pressé... L'assassin, nous le découvrirons, et j'espère avoir trouvé la trace.
PATRICK. De celui qui m'a volé mon fils...
rorert. Peut-être... je ne puis rien affirmer. . .
JACQUES. Et qui soupçonnez-vous?
robert. Sire, en fouillant dans mes souvenirs, je me rappelle que le comte de Doublas, celui qui vient de mourir, était, il y a vingt ans, l'ennemi juré de votre père, car il avait de folles prétentions au trône...
JACQUES. Le comte de Douglas... en effet... mais, mort hier, il n'aurait pu ordonner l'arrestation de Patrick.
ROBERT. Et ses complices...
JACQUES. Test vrai... mais avez-vous bien réfléchi, dur Robert..
ROBERT. Ce malin, Dickson a vu trois hommes masqués entrer dans son château...
patrick. Trois hommes masqués... et le comte est mort , lui qui peut-être avait le secret de mon enfanl... Oh ! n'importe... mort ou vivant je saurai, moi, s'il était l'assassin... je porte toujours l'habit des eus. '\elisseurs, et je connais le château des comtes Douglas.
JAGQUES. Que veux tu faire?
Patrick. Me publiez aucun de vos soupçons... et avant nme heure, je vous dirai,
moi, si le comte a tué le roi Jacques, et s'il m'a volé mon enfant, je vous le jure...
Il sort précipitamment par le fond.
JACQUES. Jl se lutte, au palais du comte Doublas.
RORERT, àpart. Que peut il espérer?
Henriette, entrant par lu droite avec Catherine. Voici le roi, ma mère...
JACQUES f Us apercevant. Henriette...
Catherine...
i ITHERINE, regardant autour d'elle. Et mon frère !... dont Charles nous a annoncé la délivrance...
JACQUES. Il vient de nous quitter pour é< lahcir des soupçons qui peut-être vont le conduire à la découverte de son fils.
HENRIETTE. El si ses ennemis le ])our- SUJVent encore?
j \< Ql ES. Le ciel, mon enfant, doit guider celui qui vient de me donner une preuve écrite de L'innocence de ta mère.
CATHERINE, lue preuve écrite...
JACQUES, lui donnant la lettre... Tenez lisez... [A Robert, pendant qu'elles lisent.) Et cette lettre me permettra de publier dans mon royaume une vérité dont ma conviction seule n'aurait pu le convaincre.
CATHERINE, après avoir lu. Et l'on m'accusait de faire tuer le roi .laïques, tandis que me séparant de ma fille au berceau, je me dévouais pour la gloire démon époux et le salut de son père...
HENRIETTE. Pail\ IV lllèrc. . .
JACQUES. Pauvre victime, tu vas recevoir
enfin les bénédictions que l'on doit aux martyrs.
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