DOMINUS, DUDLEY
dudley, au fond, à la cantonade.
C'est bon... j'attendrai que mistriss soit de retour.
dominus , se retournant.
Cette voix!... lord Dudley !
Il se lève et déchire sa lettre.
DUDLEY
Maître Dominus!...
dominus, s'inclinant très-respectueusement.
Moi-même , mylord ; et votre présence ici sera d'autant plus agréable à mistriss, que ce matin elle se plaignait de ne pas vous voir.
DUDLEY
En vérité ?
DOMINUS
Elle m'avait chargé de vous écrire pour vous prier de vouloir bien vous rendre dans sa maison, et j'étais en train d'improviser une lettre Quand... dudley , avec joie.
Mistriss m'avait fait demander?
dominus. '
Comme j'ai l'honneur de le répéter à votre grâce, mylord. Ma cousine est sortie; mais je vais ordonner qu'aussitôt son retour on la prévienne de votre arrivée , puis ensuite achever quelques calculs... Vous m'excuserez, mylord...
DUDLEY
A votre aise, maître Dominus, à votre aise...
dominus, sortant.
Trois fois neuf font trente-sept... trente-sept... vingt-sept... voyons quel est mon dernier dividende... (t7 se rapproche du tableau et regarde cinq cent quatre-vingt-douze...
Il s'éloigne en parlant.
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DUDLEY, seul; puis GEORGES.
DUDLEY
Mistriss Edith s'est enfin décidée à me faire demander! que va-t-elle me répondre?... ce rêve si doux que je commençais , l'inlcrrompra-t-clle? ou bien consentira-t-elle à exaucer le plus ardent de mes vœux?... ah!... je suis impatient de" la voir... de voir miss Clary... ( Apercevant Georges qui entre. ) Son frère!
ceorges , sortant de sa chambre.
Lord Dudley !
DUDLEY
.Monsieur Georges, je vous salue...
GEORGES
Mylord...
DUDLEY
Permettez-moi , monsieur Ue me féliciter de
cette heureuse rencontre : il y a quelque temps que je ne vous avais vu, et, pardonnez-moi cette supposition, j'avais cru un moment que vous évitiez ma présence.
GEORGES
Moi, mylord? les relations qui peuvent exister entre nous...
DUDLEY
Seront bientôt, je l'espère, aussi sincères que durables.
GEORGES
Et quel heureux hasard amène donc ici sa seigneurie ?
DUDLBT.
Ce n'est pas un hasard, monsieur; j'étais venu pour présenter mes hommages à madame votre mère.
GEORGES
Et à miss Gary sans doute aussi, n'est-ce pas?
DUDLEY
Et à miss Gary... et au moment où je m'accusais de négliger un peu votre excellente mère, mistriss Edith chargeait votre cousin Dominus de m'écrire pour m'engager à me rendre aujourd'hui même ici.
GEORGES
Ma mère vous engageait, dites-vous?...
DUDLEY
Oui, monsieur Georges.
GEORGES
Et peut-on savoir quel motif?...
DUDLEY
Je ne yous cacherai pas que je crois le deviner. J aime votre sœur, et je l'ai demandée à votre mère.
GEORGES , pâle.
Quoi, mylord ? (Souriant amèrement.) Mais, mylord, vous n'avez donc pas songé à la distance qui yous sépare ?
DUDLEY
Miss Gary serait l'orgueil d'un trône.
GEORGES
Et tous ayez, dites-vous, demandé positivement sa main ?
DUDLEY
Mais oui, sans doute. [A part.) Quel ton étrange! Georges, ironiquement.
Et moi, mylord, vous avez donc compté mon consentement pour rien... que vous ne m'ayez pas même consulté ?
DUDLEY
Mais, monsieur...
GEORGES
En effet, que suis-je dans cette maison, moi, Georges Wilson?... mais je ne suis que le frère de Gary, et un étranger, un homme, parce qu'il est noble, pourra demander et obtenir la main de ma sœur sans mon aveu ? Eh bien ! monsieur, cet homme, du consentement duquel on se passe, ce frère de Gary vous répondra que ce que sa mère a fait, il peut et il veut le défaire.
DUDLEY
C* langage que je ne puis comprendre...
Est cependant fort clair. Je suis un homme du peuple, monsieur, et je ne veux pas de votre alliance.
DUDLEY
Il est donc vrai, Georges, vous me haïssez... et j'en ignore le motif... moi, qui ne voudrais que votre amitié.
GEORGES
Toute amitié est impossible entre nous, monsieur : vous aimez Gary et vous demandez sa main? Moi, frère aine de Gary, je vous répète que jamais Gary ne sera votre femme; non, jamais !
DUDLEY
Mais revenez donc à vous! c'est de la démence.
GEORGES
De la démence ! non, monsieur. Je suis ici chez moi, et je ne veux recevoir que les gens que j'aime, et vous l'avez dit, monsieur, je ne vous aime pas.
dudley, à part.
Être outragé à ce point... [Haut.) Tout autre que vous...
GEORGES
Ah ! bien, mylord, nous nous comprenons, et je m'y attendais; et maintenant... plus qu'un mot, et je suis à vos ordres.
dudley, à part.
Une provocation. (Uaut.) Et moi, monsieur, je ne veux, je ne dois pas vous comprendre...
GEORGES
Comment ?...
DUDLEY
Cet entretien ne s'est que trop prolongé; brisons là, monsieur.
GEORGES
Ainsi, vous ne consentiriez pas à mesurer votre épée de gentilhomme contre celle de l'homme du peuple?
DUDLEY
Monsieur...
GEORGES
Vous ne m'estimez pas assez pour cela... n'estil pas vrai?...
DUDLEY
Monsieur, je ne me bats que contre les ennemis de mon roi.
GEORGES
Mais si je vous insultais, mylord...
dudley, avec un mouvement de colère.
Si vous m'insultiez...
GEORGES
Oui.
dudley, froidement.
Je vous l'ai dit, monsieur, le frère de Gary est à l'abri de ma colère. Vous répondrez de votre conduite à votre mère et à vous-même; car j'espère bientôt vous forcer au repentir.
Il sort.
GEORGES, seul.
Il s'éloigne, il méprise mon ressentiment. Ah! Tob Harper avait bien raison.
EDITH