SCÈNE IX
EDITH, GEORGES
Georges, armé.
Ma mère, vous le savez bien, Georges n'a d'autres ennemis que ceux qui ont condamné sa vie au malheur éternel... et ceux-là, je ne les redoute pas, je les hais. {Cherchant à se dégager des bras d'Edith. ) Mais laissez-moi , un devoir impérieux m'appelle hors de cette maison.
Edith , le regarde fixement.
Tu veux sortir! Où vas-tu?
GEORGES
Laissez-moi partir, ma mère.
édith.
Encore une fois, où vas-tu ? je veux le savoir?
GEORGES
Vous ne le saurez pas.
EDITH
C'est donc un bien terrible secret? Mais crois-tu qu'un fils puisse cacher quelque chose à sa mère? comme elle répond de son enfant à Dieu, Dieu lui accorde de lire dans le cœur de son enfant pour le consoler ou le sauver de lui-même. {Regardant Georges en face. ) Tu sors pour assouvir une sanglante haine.
Eh bien ! ne me retenez pas, car vous devez savoir aussi que j'ai l'enfer dans le cœur.
EDITH
Au nom du ciel, mon fils, renonce à ces projets funestes.
GEORGES
Y renoncer, moi?
EDITH
EDITH
Ton père, qui est un saint dans le ciel, de làhaut te montre ta mère inconsolable qui pleure en te disant : Mon fils, je n'ai plus que toi pour appui; ta mort me laisserait seule en ce monde, et l'époux qui n'est plus s'unit à la pauvre veuve pour t'ordonner de vivre.
GEORGES
Mon père? que parlez-vous de mon père? je n'ai plus à lui donner que des regrets et d'inutiles larmes. Laissez-moi.
édith, l'arrêtant.
Ah! c'est en vain qu'en ce moment tu chercherais à cacher l'agitation de ton âme sous un calme apparent... en vain que tu tenterais de me tromper!... Là, tout-à-1'heure, était un homme au bras terrible, impitoyable, qui t'a mis une épée dans la main en te disant : Lève-toi, et suis-moi!
GEORGES
Un homme!... Vous l'avez vu? Eh bien, oui, comme vous l'avez deviné, il m'a dit : Lève-toi ! et je me suis levé!.,. Suis-moi! et je vais le suivre.
EDITH
Malheureux! suivre cet homme!... suivre ce monstre!
GEORGES
Que dites-vous, ma mère? cet homme, c'est mon ami !
EDITH
Ton ami!... lui!... Christian!
Georges, reculant épouvanté.
Qu'avez-vous dit? Ah ! vous me glacez d'effroi ! quoi ! Thompson !
EDITH
Thompson... Va donc lui jeter à la face le nom de lïuttler, et il te répondra par l'effroyable nom de Christian.
geokgks , portant la main à son épée.
Christian !
EDITH
Oui, Christian, dont la main fume encore du sang de mon David... et maintenant, dis, veux-tu rejoindre le meurtrier de ton père?
GEORGES
Plus que jamais, ma mère, car il faut que je le tue!
EDITH
Non, tu n'iras pas.
Georges veut s'élancer , elle s'attache à lui pour l'empêcher de sortir; en ce moment, grand bruit venant du dehors; tous deux s'arrêtent et se regardent.
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