‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1156 sur 1577 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

EDITH , GEORGES

Pendant ce dernier mouvement du fond, l'on voit la porte secrète de la bibliothèque se rouvrir, Georges parait.

GEORGES

Ma mère !

EDITH

Mon fils!

GEORGES

Libre! je suis libre, ma mère! Oh! béni soit cet homme qui est venu dans mon cachot et qui m'a dit : Suivez-moi. Alors, ma mère, une porte s'est ouverte devant moi, un cri m'est échappé... un cri de joie, ma mère, car au-dessus de ma tête, je vois le ciel, à mes pieds la Tamise, et devant moi la liberté.

EDITH

Mais cet homme...

GEORGES

Il avait disparu.

EDITH

Eh bien ! c'est moi qui maintenant veillerai à ton salut, et au moment où je te parle, tout est préparé pour ta fuite.

GEORGES

Mais vouloir me sauver serait v""" entraîner

dam m perl'i «ttj« n'y POMHnUrfl.i pflii

EDITH

edith, surprise.

Que dis-tu?

GEORGES

Un mois s'est écoulé depuis que vous m'avez révélé un secret terrible.

é"dith .

Malheureux !

GEORGES

Une seule pensée a rempli mon âme ; cette pensée, elle m'a suivi devant mes juges, elle a grandi dans l'obscurité des cachots; c'est elle qui toutà-1'heure m'a conduit ici, elle qui maintenant m'ordonne de ne pas fuir, et cette pensée, c'est l'espoir de venger mon père !

EDITH

Oh ! laisse la vengeance à Dieu et ton salut à ta mère... Georges, je t'en supplie, ne repousse pas mes prières... Tu viens de m'être rendu par un miracle!... Oh ! ne sacrifie pas cette existence qui m'est si chère, fuis... {Un geste de Georges indique qu'il refuse.) Mais si tu me résistes à moi, résisteras-tu à Gary qui te supplie de vivre?

GEORGES

Gary!... Mais non, elle est perdue pour moi!

EDITH

Ainsi donc, toi, âme noble, luirais croiser le fer avec ce misérable tout souillé de crimes et d'opprobre ?

GEORGES

Et que m'importe? je ne suis ici que le vengeur du sang, et je ne vois dans Christian, moi, que l'assassin démon père!

EDITH

Mais songes-tu, insensé, que rester ici plus longtemps, c'est risquer ta vie sans profit pour ta vengeance! (Grand bruit au dehors.) Oh! pour la dernière fois, écoute-moi, fuis !

SCÈ^E VIII.

ÉDITII, GEORGES, CHRISTIAN.

La porte secrète de la bibliothèque s'ouvre tout-à-coup ;

paraît un homme, c'est Christian.

CHRISTIAN

Asile! asile!

Edith, se retournant.

Christian!

Georges, saisissant la main de sa mère et se plaçant devant elle.

Ah!

Christian', levant les yeux et apercevant Georges debout et immobile devant lui, les bras croisés.

Toi, Georges Wilson!... Ah! je suis sauvé!

GEORGES

Et que venez-vous chercher ici?

CHRISTIAN

Un refuge... Je traversais la cité, rêvant aux moyens d'assurer ta délivrance aujourd'hui même, et oubliant le danger que je courais, lorsque deux hommes, passant à mes côtés, me reconnurent et prononcèrent mon nom; alors, un cri s'éleva au-

tour de moi; je n'eus que le temps de fuir, afin de me soustraire à la rage du peuple... Haletant, éperdu, épuisé de fatigue, j'allais tomber entre ses mains, lorsque tout-à-coup, en entrant dans cette rue, une pensée me frappa, je me souvins d'un passage secret qui conduisait dans cette maison et que tu m'avais montré ; je le pris à tout hasard, et, grâce à toi, je suis hors de danger.

GEORGES

Un cri de mépris et d'indignation, as-tu dit, s'est élevé contre toi dans la cité, Christian? et ici s'élève contre toi un cri de haine et de mort !

CHRISTIAN

Que veux-tu dire ?

GEORGES

Sais-tu où tu es?

Christian, étonné.

Que signifie?...

Georges, montrant Edith, qui s'est lentement avancée entre eux par derrière.

Sais-tu quelle est cette femme?

CHRISTIAN

Non.

Georges, se dressant devant lui.

C'est la veuve de David Buttler...Xt moi, devines-tu qui je suis?

CHRISTIAN

Parle... achève.

Edith, se dressant devant eux.

C'est le fils de David Buttler. (Mouvement de Georges.) Eh bien ! me reconnais-tu maintenant? Christian, reculant.

Edith! oui, oui. (Voulant fuir.) Laissez-moi, laissez-moi !

GEORGES

Tu ne partiras pas, misérable, car il me faut ta vie.

EDITH

Mon fils! Georges...

CHRISTIAN

Mais c'est un guet-apens, une trahison!

Que parles-tu de guet-apens, toi qui, il y a quinze ans, entras deux fois dans la maison de mon père, qui la première fois insultas ma mère épouvantée, et qui n'y revins une seconde fois que pour assassiner mon père?

EDITH

Et que parle-t-il de trahison, l'infâme! lui, le complice d'Harper... d'Harper, qui de moitié avec lui, t'avait accusé de tout le complot!

GEORGES

Ah ! bien, ma mère, c'est son arrêt de mort que tu as prononcé... et maintenant, Christian, à nous deux!

Edith, voulant l'arrêter.

Non, non, Georges...

Christian, à Georges.

Arrière ! laisse-moi!

Georges, tirant son epee et la levant sur Chris tian.

Mais prends donc ton épéo. lâche!

Il ouvre la porte secrets.

chktstivn, courant a la porte.

l'h bien ! puisque tu le vcui, viens donc, viens donc!

éditii, poussant un cri.

Mon fils ! mon fils !

Tmi* deux B'Aanceni par la [inrtc secrète; Georg ferme la porte avant que sa mère puisse s'opposer à son départ.

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EDITH, seule un instant, puis CLARY, DOMI- NUS et DICKSON.

1 1 > i in, frappant contre la porte à coups redoublés.

Mon enfant! ô désespoir I... Mon Dieu, sauvezle, sauvez-le !

clary, accourant à ses cris.

Qu'avez-vous, ma mère?

F.DITH.

Christian, Georges !... tous deux aux mains !

CLAUY.

Prenez pitié de nous, Seigneur !

dominus, tout effaré.

Vite! vite! qu'il se sauve... le shériff! le shériff!

Edith, effrayée.

Le shériff!

Dickson, entrant.

Mistress, la barque est prête.

DOMINUS

Eh! ne vois-tu pas qu'il est trop tard?

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