SCENE V
MADELAINE, puis DU MONT, ensuite CATHERINE.
MADELEINE, un moment seule. Le v'ià parti... il était temps... car personne ne doit savoir ce que j'ai à dire au père Dumont.... pas même mon mari... Pauvre Caiherine!
DUMONT, entrant brusquement.* Vous m'avez fait demander... me voici... voyons, de quoi s'agit-il?
madelaine. Mais, vous de\ ez bien le deviner... il s'agit d'elle... de votre fille.
DUMONT. Plait-il?... C'est là ce que vous avez à me dire... il était inutile de me déranger... bonjour.
11 va pour sortir.
MADELAINE , le retenant. Vous êtes pressé... ça se peut... mais moi je ne le suis pas, et puisque je vous tiens, vous m'entendrez.
ni MONT. Allons, soit! puisqu'il n'y a que ce mo\en de me débarrasser de vous.
MADELAINE. Vous saurez donc que ce matin, je me suis rendue à la petite maison qu'elle habite à une lieue d'ici... je l'ai vue.
DUMONT. C'est possible... mais moi je ne veux pas la revoir... qu'elle reste où elle est... qu'elle s'y cache... et que je n'entende plus parler d'elle. Elle m'a déjà coûté as>ez cher. .. sans compter les chagrins... aussi c'ett fini, je ne donne plus un sou... elle n'a qu'à travailler qu'à en gagner pour elle et pour
l'autre...
madelaine. Eh gardez vos écus!... ce n'est pas à eux qu'on en veut... c'est à votre cœur... Catherine ne manque de rien, grâce à Dieu... mais elle n'est pas heureuse... elle souffre !
DUMONT. Elle n'a que ce qu'elle mérite.
MADElaine. Savoir!... D'ailleurs, tout ça ce n'es* pas des raisons. . . on n'abandonne pas ainsi une pauvre fille. - . aussi je n'ai pas pu y tenir... <n quand je l'ai vue ce matin si faible, si affligée... ça a été plus fort que
* Duiuoiil, Madelaine.
moi... je lui ai saule an cou... je l'ai embrassée... je lui ai même dit que unis ine permettriez de la ramener ici.
DUMONT l'ai' ev mple !... la ramener!... .levons le défends, entendez-vous?
madelaine. Parfaitement... mais j'avais prévu ça, aussi je n'ai pas attendu voire permission.
En ce moment Catherine sort lie la chambre à gauche et écoute avec an\
dlmont. Hein?... qu'osez-vous .dire, Madelaine?
MADELAINE. Je dis que Caiherine est ici ;
et puisque je lui ai ouvert ma porte, moi, qui
ne suis que sa cousine, c'est bien le moins
j que vous, son père, vous lui ouvriez vos bras.
DUMONT. Moi... jamais!
Il fait un mouvement pour sortir el se trouve devant Catherine.
Catherin E. Mon père!...
Dumo>t. Vous ici?... vous avez le front de paraître devant moi!... Malheureuse!...
Il lève la main sur elle.
madelaine, l arrêtant .* Eh bien!... eh bien!... qu'est-ce que vous aile/ fane? c'est votre enfant!...
Dumont, retenu par .Madelaine , s-e laisse tomber sur une chaise.
Catherine, s'arjenouillo.id.
Ain de Mademoiselle de Méramje.
Bien que mon retour soit coupable , Ne me chassez pas de ces lieux.
Là-bas, l'isolement m'accable ; J'aiiu'' mieux souffrir sou« vos yeux.
Du désespoir, dans ma misère, Votre présence me défend...
Ah ! je le sens bien à présent, Munie irrité, le cœur d'un ; fait la force de son enfant !
MADELAINE. Voyons, cousin, est-ce que ça ne vous touche pas de ia voir là, pâle, el tremblante, à vos genoux?... Diles-lui quelque chose... regardez-la... (Tournant malgi é lui Dumont vers sa fille. J Mais, saperlotle, regardez-la donc !
m mont, à Madeleine. Laissez-moi Maquille! A Catherine.) Quant à vous, mademoiselle, puisque vous n'avez pas craint de revenir, c'est donc que vous êtes enfin décidée à m'avouer ce (pie vous me cachez depuis si longtemps!
CATHERINE, se relevant. Mon père, quand vous m'avez ordonné de partir, je vous ai dit. . .
dumont, l'interrompant. Oui, des fables... des histoires... je n'y crois pas!*" (5c levant.) Ce que je vous demande, c'est un nom...
* Catherine, Madelaine, Dumont.
** Catherine, Dumont, Madelaine,
JEAN-BAPTISTE
rien qu'un nom : celui du père de votre enfant?
Catherine. Si votre pardon n'est qu'à ce prix, je ne l'obtiendrai jamais, car ce nom, il m'est impossible de vous le dire.
madelaine. Dame! si elle ne le peut pas!
dumont.* Il faudra pourtant bien que je le sache, moi!
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