SCÈNE VIII
Les MÊMES, CANUCHE, RÉGAILLETTE.
Le cortège de Canucbe n'est composé que de femmes qui le portent sur un palanquin ; le cortège de Régaillette, au contraire, n'est composé que d'hommes qui la portent de même ; ces deux cortèges doivent être éblouissants de richesse.
Air de l'Ours et le l'acha.
CHOEUR
Près d'elle qu'on s'empresse Par un accord touchant; Rendons à sa noblesse Un hommage éclatant.
RÈG1ILLETTE et CASUCHB.
Déjà, je m'accoutume A tout éclabousser;
Dans ce brillant costume J' voudrais me voir passer.
REPRISE
Près d'elle qu'on s'empresse, <tc azélie. Régaillette, ma sœur.
bégaillette. Que veut cette petite?
Raymond. Canucbe, est-ce toi?
CANUCHE. Toi!... qui est-ce qui se permet de me p. iler?
RÉGAILLETTE. Ah! c'est vous, prince.
CANUCHE. Bonjour, duchesse, bonjour.
RÉGAILLETTE. Grand schah, j'ai réfléchi, j'accepte votre main.
CANUCHE. La main d'un schah, vous n'êtes pas dégoùiée. .Non, tenez, franchement, vous n'êtes pasde race assez noble, vousèlesde trop basse extraction aupièsdemoi; vous èiesune vilaine, et en vous épousant, je dérogerais... je m'encanaillerais.
régaillette. Pi ince, vous êtes un polisson.
caniche. Allons, duchesse, pas de mots à double entente, et venez vous asseoir auprès de moi sur mou trône.
régaillette. Sur notre trône.
azelie, avec désespoir. O mon Dieu! tout cela n'est-il pas un songe?
L'ORGUEIL. Non, c'est la réalité; l'Orgueil a changé leur cœur, ils le méprisent, ils te méconnaissent. Eh bien, dis un mot, tu seras plus riche et plus noble qu'eux. [Il fait un signe, trois valets se présentent portant , le premier une couronne, le second un sceptre , le troisième un manteau royal.) Dis un mot, et cette, couronne o' ne ton front, ce sceptre est à toi, ce manteau royal t'appartient.
AZÉLIE
Air des irais Couleurs.
Que dites-vous? ah ! je vous en supplie, Laissez la pourpre à ces deux orgueilleux ! Voulez-vous donc que la pauvre Azélie Devienne ingrate, insensible comme eux ? La vanité mène à l'ingratitude ; Tous nos devoirs sont par elle oubliés. Gage d'orgueil, gage de servitude, Je vous méprise, et je vous foule aux pieds.
L'ORGUEIL. Téméraire!
azélie. Suivez-moi, Raymond, sortons d'ici.
satan. Du tout, qu'on ferme les portes.
RAYMOND. Misérables! Ah ! nous saurons nous ouvrir un passage.
satan. Je ne crois pas.
SATHANIEL, paraissant par une trappe du dessous. C'est ce que nous allons voir.
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