‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1265 sur 1577 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, RAYMOND.

LA luxure, apercevant Raymond. Raymond ! il ne pouvait arriver plus à propos.

RAYMOND. Que vois-je?. .. une femme seule et endormie... Azélie!... Qu'elle est séduisante ainsi!

azélie, rêvant. Raymond!...

RAYMOND. Elle pense à moi!... Ah! que

de giâces, que d'attraits jamais je ne l'ai

vue si jolie... et si j'osais.. Oh! mais, profiter de son sommeil si elle allait se fâcher... se fâcher pour un baiser... et puis, ne l'ai-je pas entendue... elle m'aime... elle m'appelle... elle me désire... ma foi, je n'y tiens plus.

Air : J'en quelle un petit de mon âge. D'ailleurs, j'en suis sûr, elle m'aime, Approchons-nous bien doucement, Et puis, embrassons-la de même.

(7/ l'embrasse.) azélie, se réveillant.

* Ab ! c'est affreux 1

LA LUXURE

Ab 1 c'est ebarmant !

RAYMOND

Quoi, mon bonheur n'était qu'un doux mensonge. azélie.

Yotre bonheur I

RAYMOND

De grâce, un seul baiser.

AZÉLIE

Retirez-vous !

LES SEPT CHATEAUX DU DIABLE

RAYMOND

Pourquoi me ivfuser Ce que vous m'accordiez en songe ?

azélie. Monsieur, laissez-moi, monsieur, je ne dois plus vous entendre.

RAYMOND. El) bien ! oui , je vous laisserai... mais au moins qu'en partant, j'emporte une preuve un gage de votre

amour.

AZÉLIE. Un gage de mon amour !

RAYMOND. Tenez , ce joli bouquet qui brille à votre côté, et que je désire depuis ^i longtemps.

azélie. Oh! non, c'est un talisman, j'ai juré de ne jamais m'en séparer.

f.aymomd. Songez que c'est presque un époux qui vous le demande. (5e jetant à ses fjenoux.) Azélie, au nom de l'amour le plus tendre , le plus dévoué.

azélie. Raymond, de grâce...

Raymond. Ce bouquet qui ne me quittera plus, ce bouquet qui me dira sans ces^e que tu m'aimes autant que je t'adore... Azélie , mon Azélie ..

azélie. Ah ! Raymond !... Raymond!

Raymond. Je t'en prie, je t'en conjure.

azélie. Lh bien!

Au moment où elle va céder, un petit tableau placé dans le fond change de sujf t, s'anime, et représente en petit le naufrage que l'on a vu au premier tableau; la barque est ballottée par les flots et la foudre éclate.

AZELIE.

Air nouveau de M. Béancourt.

Juste ciel ! regardez...

RAYMOND

Ou'avez-vous Azélie ?

AZÉLIE

Ah ! laissez-moi me souvenir...

Oui, c'est cela... voyez la mer est en furie; Mon père est là qui va mourir.

D'une sagesse austère Quand son salut dépend, Vous voulez me soustraire Ce chaste talisman.

RAYMOND

C'est un fiancé qui l'implore.

azélie , jetant son bouquet.

Et c'est à Dieu que je le rends.

LA LOXCRE.

O rage ! elle m'échappe encore !

RAYMOND

Du moins je vous suivrai.

azélie. •

Raymond, je le défends.

ENSEMBLE

RAYMOND

A votre voix chérie Je n'obéirai pas,

.Malgré vous, Azélie, Je m'attache à vos pas.

AZÉLIE

De la triste Azélie Pourquoi suivre les pas?

L'ami'ié vous supplie; Ne la trahissez pas.

LA LUXURE

Redoute ma furie, Vainement tu combats, Tremble, faible Azélie, Tu n'échapperas pas.

Azélie sort suivie de Raymond, la Luxure du côte opposé.

'Dmèmt tableau.

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