SCÈNE IV
SATAN, en grand costume de pacha, RIC- A-RAC , AZÉLIE , RÉGAILLETTE , RAYMOND, CANUCHE, LA LUXURE,
Eunuques, Odalisques.
choeur.
Air nouveau de M. Béancourl.
Cliantons le roi des enfers, Célébrons sa toute-puissance, Par la terreur, par la souffrance, Il règne sur l'univers.
régaillette. Seigneur Bourrique, je demande à me reposer ; je me sens très-fatiguée, seigneur Bourrique.
Satan. Vous allez .être obéie... et vous , Odalisques et esclaves , tâchez par vos jeux et vos danses de plaire à ces deux étrangères.
BALLET
Après le ballet Raymond se trouve aux genoux d'Azélie et Canuche à ceux de Régaillette.
satan. Mais que vois-je? deux hommes dans mon harem !
ric-a-rac. Ah ! grand saint Mahomet , c'est fichtre vrai...
satan. Que l'on s'empare de ces deux audacieux, et qu'on leur inflige le supplice du pal...
régaillette. Empaler Canuche !
canuche. Ahl mon ami, j'ai entendu
parler de cet exercice... On va nous faire asseoir sur des paratonnerres... c'est horriblement malsain.
RAYMOND. Essayons du moins de nous soustraire par la force...
canuche. Oui, parla force de nos jarrets.
satan. Qu'on les arrête !
Raymond et Canuche se trouvent vù-tus en femmes.
canuche. Dieu! j'ai changé de sexe!...
mc-a-rac. Maître, ces deux hommes ont disparu.
CANUCHE. Dos hommes!... Il y aurait des hommes parmi nous... fi l'horreur!
raymond. Tais toi donc, lu vas nous trahir.
CANUCHE. Ali ! (pie tu es laid , mon ami ; c'est toi qui nous feras reconnaître.
SATAN. Mais je ne connais pas ces deux étrangères.... (Indiquant Raymond.) Je garde celle-ci près do moi.
raymom). Moi, seigneur!
Satan. Je le veux !... Quant à l'autre, Ric-à-Rac, tu lui serviras de cavalier, \ous allez e\é< nier ei semble la petite danse de corde inventée dans mes états.
CANUCHE. On \a me faire danser sur la corde, je ne veux pas.
RIC-a-rac. Laissez faire... laissez faire.
On apporte une corde et une lance.
CANUCHE. Ah! ah! voilà le balancier...
(Deuœ esclaves lui saisissent les mains.) Mais quoi donc... permettez!...
RIG-a-rac. Laissez faire... lais-ez faire.
Il lui plonge dans l'estomac la lance qui ressort par son dos.
CANUCHE. Mais ce n'est pas ainsi que ça se met. .. le balancier ne s'est jamais tenu comme ca.
ric-a-rac. Laissez faire... Laissez faire...
CANUCHE. Encore, mais il est insupportable avec son laissez faire.
Ric-à-Rac relire la lance, et entre la corde dans l'esto-
mac de Canurhe, tandis qu'un esclave la l'ait sortir
par le dos.
CANUCHE. Ah! mais, connu, conno...
c'est la danse des marionnettes... avec un fifre et dos bas... et un tambourin — Il faut être deux.
RTC-A-RAC. Je suis l'autre. (On fait à Ric-à-Rac ce qu'on a fait à Canuche, et on tend la corde.) Voilà!
canuche. A la honne heure... maintenant qiie je sais ce que c'est, ça ne m'inquiète plus... Y êtes- vous?
RIC-A-RAC. J'y suis!
Ils se mettent à danser.
SATMT Je suis très-satisfait, et ces deux étrangères...
UN ESCLAVE, accourant. Maître! maître!
Sathaniel vient de conduire les deux jeunes filles dans le kiosque , il veut les arracher de ces lieux.
Satan. A merveille!... qu'on s'empare de ces deux hommes. Ce kiosque est soumis à mes enchantements, et pui>qu'elles y sont entrées, elles n'en sortiront plus.
sathamel. Tu te trompes, Satan, regarde; que ces hommes soient libres.
MùU'ième ZabUan.
Métamorphose du kiosque en gondole élégante qui emmène les deux jeunes filles. En ce moment une colombe
sort du lac et porte au ciel le bouquet d'Azélie.