‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1295 sur 1577 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

M",e GERVAIS, GUILLAUME.

GUILLAUME, regardant sortir Armand.

Voilà un gentil garçon !... à la bonim heure ! se donne t-il un mal !... Il fait tout, la vente, la recette... vh\... je suis ben sûr qu'il fera son chemin dans la maison.

Mme gervais. Il !e ferait bien mieux encore s'il ne pensait qu'à remplir ses devoirs.

Guillaume. Comment ?

M"ie gervais. A mériter la confiance du bourgeois.

Guillaume. Qu'est-ce que vous avez donc, vous, la mère Tantpire, pour êire acharnée après ce jeune homme ?

Mme gervais. J'ai... j'ai... Ça me regarde.

Guillaume. Est-ce qu'il ne travaille pas bien?

Mme gervais. Ça se peut !

Guillaume. Trouvez donc un commis qui prenne les intérêts du patron comme il le fait? J'en défie !

Mme gervais. C'est possible!

Guillaume. Eh ben ! alors, pourquoi que vous marronnez toujours ?

Mme gervais. Parce que monsieur Armand oublie qu'il n'est rien, qu'il n'a rien, et que mamselle Clarisse Laroche n'est pas faite pour lui!

Guillaume. Bah! bah!... Si monsieur Armand n'a rien, il peut avoir... Il est jeune, il a du courage comme quatre... il fera sa fortune.

Mn,e gervais. Oui, mais il y a des gens qui ont la leur toute faite, et monsieur Laroche choisira ceux-là de préférence !

GUILLAUME. Si on les aime pas ?

Mm" gervais. Faudra bien qu'on les aime quand il aura parlé.

Guillaume. Allons donc ! il n'voudrait pas forcer l'inclination de la jeune bourgeoise.

M"'c gervais, s'animait. Elle n'a d'inclination pour pei sonne, entendez-vous?

Guillaume, froidement. Savoir!

Mmc gervais. D'ailleurs, est-ce que ça Vuus regarde ?

Guillaume. Peut-être!

Mme GERVAIS. Vous verrez que monsieur Laroche donnera sa fille à un misérable commis, pour plaire à monsieur Guillaume!

Guillaume Jene répondrais pas que non!

Guillaume, furieuse. Guillaume!... Je veus impose silence !...

MAGASIN THEATIUL

GUILLAUME. Vous seriez bien altrappée si on vous en faisait autant.

Mme GERVAJS, à part. Malhonnête!

Guillaume, à part. Pécore * !

MmC gervais. Mais il n'a qu'à se bien tenir, monsieur Armand... vol' beau protégé!... Je sais des gens qui lui couperont l'herbe sous le pied !

Guillaume, se montant à son tour. Ça ne n' sera pas vot' monsieur Martial, toujours?

Mme GERVAIS. froidement. Savoir!

GUILLAUME. C'est pas à un homme qu'on n' connaît ni d'Eve ni d'Adam, qui vient on il* sait où, qu' monsieur La oche ira marier mamselle Clarisse.

Mme gervais. Peut-être !

Guillaume. C'est donc pour ça qu'il vient ici ?

M"'c gervais. Je ne répondrais pas que non !

Guillaume. Et vous le protégez?

Mme gervais. Moi?

Guillaume. Oh! pardiéî... j'y vois encore clair sans besicles... vous y faites un tas de mamours!... Eh ben... il n'a qu'à se bien tenir aussi celui-là !

M'm gervais. Qu'est-ce que vous ferez?

Guillaume. Je n'en sais rien... mais sa b ule me fait loucher!... Il m'a déjà semblé qu'il roucoulait auprès de mamselle... Que j' l'y pince 1

Mme gervais. Comme il vous craint !

Guillaume. Et retenez bien ça! Jamais, jamais, il ne l'épousera !

Mmc gervais. On vous demandera votre avisl

Guillaume. Si/m n' me le demande pas... je le donnerai.

Mme gervais. Mais v«>us n'êtes rien ici... rien qu'un garçon de chantier que l'on peut mettre à la porte dès qu'il devient insolent!

Guillaume. Moi me chasseï ! ... Qu'on s'en avise!

M",e geuvais. C'est ça... toujours de la colère... de la violence!... Prenez garde! .. monsieur Laroche arrive... je lui ferai mon rappnrt!

Guillaume. Je m'en bats l'œil de vot* rapport... je ferai le mien aussi de rapport...

Mme gervais, à part. Est-il manant ce vieux homme !

Guillaume, à part. Est-elle bête!... c'te vieille armoire !

M",c gervais Ah ! j'entends un cabriolet qui s'arrête à la porte!... C'est saus doute celui de monsieur Martial.

martial, en dehors. Tu m'as entendu , John?

M""5 gervais. C'est sa voix !

martial. Va, et reviens me prendre ici.

* Guillaume, Mme Ge: vais.

Mme "GERVAIS. J'espère, Guillaume, que vous n'allez pas n us compromettre?

Guillaume. J'ai pas d'ordre à prendre de vous; laissez-moi tranquille!

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