‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1306 sur 1577 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

GUILLAUME , ARMAND , venant du fond à gauche.

Armand, à lacantonnade. Merci, je suis à ma porte!... [En scène.) Ah! c'est vous, Guillaume?

GUILLAUME. Oui, c'est moi qui attends, qui me mange les sens... D'où venez-vous? qu'avez-vous fait?... Est-ce qu'on vous a attaqué ?

armand. Pas du tout !

Guillaume. Vous n'avez rien de cassé, rien de foulé?... Tant pis! j'aurais mieux aimé cela !

armand. Je vous ai mis dans l'inquiétude, n'est-ce pas?

Guillaume. Vousvous êtes conduit... c'est une indignité!

Armand. Voyons... il ne faut pas m'en vouloir.

GUILLAUME. Si! je vous en veux de m'avoir causé une souleur pareille.

Armand. Bra\e homme ! excellent ami!

Comment jamais reconnaître l'intérêt que tous me p -riez?

GUILLAUME. l'as (le phrases... pas de boniment! Je m' laisse pas entortiller, moi; allons an fait !

ARMAND. Voi'SSavezj Guillaume, que mademoiselle Laroche m'est plus chère que la vie.

GUILLAUME. Oui... oui, vous me l'avez dit... je le croyais... hier... mais c' malin. ..

ARMAND. Monsieur Laroche est riche, je n'ai rien que dj s espérances éloignées, et jamais le pauvre commis n'aurait pu combler la distance que la for' une établit entre nous.

GUILLAUME. Après, après?

aiuuni). Par bonheur, un homme s'est trouvé qui m'a pris depuis quelque temps en amitié, un homme qui est à la tète d'une vaste entreprise industiielle... Hier soir, il m'a fait trouver avec le banquier, les bailleurs de fynds de la compagnie qu'il organise, et j'ai la prfmiesse d'un emploi honorable, d'une part dans les bénéfices qui peut me rapporter jusqu'à quinze, peut-être vingt mille bancs par an.. .

GUILLAUME. Lh hen!... oui, v'ià une bonne chose... ça m' fait plaisir... mais enfin... l'affaire convenue, fallait r'venir... on revient... pourquoi n'eies-vous pas revenu?

Armand, souriant. Dieu ! que vousêtts SOùpçonn*ux, Gui laume!...

GUILLAUME. Oui... oui... c'est vrai!...

parce que je vous aime... vous... et puis elle aussi.

arm\nd. F.h bien , le repas s'est prolongé jusqu'au jour... Mon protecteur m'a forcé de monter dans sa voiture, et il vient de me reconduire jusqu'ici en me renouvelant les témoignages du plus vif intérêt !

GUILLAUME, vivement. Assez ..a^sez, monsieur Armand, j' vous crois! Mais sans être trop curieux, pourrait-on savoir le nom de c't'ami s généreux?

Armand. Pafblèu , vous le connaissez déjà!... c'est monsieur Martial.

Guillaume. Encore cet homme-là 1

Armand. Que voulez-vous dire?

Guillaume. Rien... rien .. . mais lorsqu'un particulier ne me revient pas, il y a comme un avertissement d'en haut!... IMéiiez-vous. monsieur Armand, méfiez-vous.

ARMAND. Auriez -vous à dire quelque chose contre lui?

Guillaume. Pourquoi qu'il vient au changer si souvent ?

Armand. Mais pour affaires.

Guillaume. Vous n'avez donc pas remar

que qu'il tourne toujours autour de mademoisHIe Clarisse)

Armand, virement. Vous croyez , Guillaume, voms (rovez que j'aurais en lui un rival ?.. . [Changeait de ton. • M;d> non, non, c'est impossible... S'il voulait me disputer la main de Glarisse, pourquoi m'ouvrirait -i) la cari- ère de la fortune ?

Guillaume. Ça, c'est juste, c'est vrai.. . ça ne m'était pas venu à l'idée!

Armand. Vous reviendrez tout à fait de vos préventions, et dès que M. Laroche sera ici, je lui ferai part de mes projets, de mes espérances... Vous m'aiderez, Guillaume, vous m'aiderez, n'est-ce pas?

GUILLAUME. Ah! ça, de tout mon cœur, par exemple... Mais rentrez vite... le bourgeois n'e.st pas commode, il arrive tantôt ; et même pour une bonne affaire, faut pas qu'on sache que vous avez quitté votre poste.

Armand Je monte vile changer de tenue etjeiedescends.au bureau... Adieu, Guillaume. Oh! que je suis heureux !

Il lui serre la main et rentre dans le chantier.

Guillaume. Prenez garde que personne vous voie, surtout ceite vieille curieuse de madame Gervais.

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