‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1353 sur 1577 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MARTIAL, seul; puis CABOT, PIQIK- VINAIGRE, LE LOUCHON****.

Martial est vêtu d'un boiugeron, et il a sur la tête uu# mauvaise casquette.

martial. J'ai cru qu'ils ne me laisseraient jamais arriver au rendez-vous! Malgré l'obscurité, je crois avoir rcconnuCuillaume. Le gaillard aura donc pu s'échapper?... que m'importe?... Il a trop affaire de son côté pour me nuire... et dans quelques heures je ne craindrai plus ni lui... ni personne! Mais

' Le Chef, la Garle, Barbillon. Guillaume.

" Barbillon, le Chef, Guillaume.

"' Barbillon, Guillaume, le Chef, Soldats.

*•*" Martial, Cabot, Piquevinaigre, leLouchnn.

voilà le jour qui fient.. Ah!... pourquoi cette patrouille n'a-t-elle pas ramassé mes nobles

.unis?... ( tes m leurs portassent de différents côté* m regardant derrière eux.) i.ela m'aurait rendu un grand serf ice!... Mais les drôles onl le aex Irop fini... [Les voyant.) Minus. .. du sang-froid... songions à les bien entortiller.

CABOT, bas à Piquevinaigre, Laisse-moi lui parler... Je \as le coller sous bande. S pprochant et fredonnant. ) Je vous attends (Luis l'ombre de la nuit*...

MARTIAL. Tais ton bec, sansonnet... ou gare la cage! Songe que la police devient de jour en jour plus insupportable... Bientôt il u"\ aura plus moyen de rien faire...

i.i. i m i sojf. C'est embêtant!

MARTIAL. Aussi je crois que nous ferons aussi bien de liquider notre société.

cahot. Tu crois qu'il faut nous séparer?

M ai, 1 1 u. Le plus tôt sera le meilleur.

CABOT. Dam... en partageant la masse.

MARTIAL. Comment, la masse!... Est-ce que chacun n'a pas eu sa part ?

i \i;ot. Jusqu'à présent oui ; mais tu oublies quelque chose.

martial. Quoi donc?

CABOT. Les deux cent mille balles que tu vas toucher aujourd'hui !

mrs. Ah! ah!

mai; i i a i , à part. Ils savent tout!. .. [Cherhant à se donner de l'aplomb.) Messieurs, cette somme est la dot de mon épouse, et je ne puis i n disposer.

cahot. Et nous, nous te disons qu'il nous faut notre part.

1 1 s FOLbUBjS. Oui, certainement qu'il m us la faut.

MARTIAL. C'est une affaire à moi seul, et je la garde.

CABOT. Ah! c'est comme ça... tu l'avoues. Bien, le canal n'e.;t pas loin... Allons, haut, chacun un bras, chacun une jambe.

MARTIAL, à part. Diable! mais, c'est que Barbillon n'est pas là.

CABOT. A l'eau avec une pierre au cou ..

MARTIAL, avec beaucoup de sang- froid, pendant qu'ils le tiennent. Imbéciles... \ous en serez bien pins riches quand vous m'aurez noyé.

cauot. Alors, tu promets donc...

martial. Lâchez- moi, vous aurez faire part...

1U 11- làil.'jnt.

cahot. Nous foulons une garantie.

MARTIAL. Je \ous donne ma parole d'honneur.

Le Lonchon, Martial, Cabot, Piquovii.aigre.

cabot. J'aime mieux autre chose.

MARITAL. Eh bien , puisque ce gueux-là s'est caché dans quelque coin pour écouter...

CABOT. la, meinher.

martial. Il doit savoir que c'est aujourd'hui.

cabot. Ce matin.

martial. A la Villette.

cabot. Oue l'aimable douille doit t'èlre comptée.

MARTIAL. Eb bien, je vous invite tous à la noce.

cabot. Nous allions te le demander.

martial. Bah !

cabot. Oui, c'était notre plan... nous boirons, nous mangerons, nous trinquerons avec le beau-père, et nous ne te quitterons que lorsque tu auras aboulé la monnaie.

On lâche Martial.

martial. Allons, vous pensez à tout.

CABOT Mais tu n' vas pas t' marier attiffé comme ça?

MARTIAL. Je vais changer d'uniforme!* Il ôle son bourgeron, qu'il jette dans les pierres, ainsi que sa casquette , puis il se débarrasse de mauvais eltaussons de lisière sous lesquels sont des souliers remis; puis il passe la main dans sa coiffure, tire un claque de son habit ; en outre , il se débarrasse d'affreux danti de peau de lapin sous lesquels sont des gants glacés.) Quand on al'avantaged'être fiancé, il faut être présentable.

cahot. Et quand on est invité , il faut faire honneur aux dames.

Ils changent tous trois leurs costumes lestement, et paraissent en habits bourgeois.

martial Allons, fous êtes aussi malins que moi, et je renonce à vous mettre dedans.

TOUS* Vive Martial !

martial. Chut!... Voyons, ces deux messieurs seront mes amis de collège ; quant à ce vénérable patriarche, j'en fais mon parrain.

cahot, déguisé en vieux. Oui, je suis aéronante; j'ai découvert le moyen de m'élever dans les airs ; je compte sur mon dernier vol pour prendre ma retraite.

MARTIaT Parfait! A dix heures, soiez i xacts, messieurs et amis.

cahot. Sois tr&nquille, j'ai fait une bréguet qui \a très-bien**...

MARTIAL, saluant aces élégance. Messieurs, j'ai bien l'honneur.

cahot, de même. Comment donc, monsieur! c'est vous, au contraire.

martial, </ part. Ils croient me tenir, mais ils n'ont pas pensé à tout.

Ils se séparent. Le théâtre change.

Le Lonchon, PiijueN inaigre, Martial, Cabot. " Martial, Cabot, le Lonchon, Piquevinaigre.

LE CANAL SAINT-MARTIN

Bnmème tableau.

La fêle de la Villette. Le bassin avec les bateaux pavoises. La barrière Saint-Martin. A droite, l'entrée de la maison de

Laroche. Une porte d'entrée grillée.

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