SCÈNE IV
MARTIAL, seul; puis CABOT, PIQIK- VINAIGRE, LE LOUCHON****.
Martial est vêtu d'un boiugeron, et il a sur la tête uu# mauvaise casquette.
martial. J'ai cru qu'ils ne me laisseraient jamais arriver au rendez-vous! Malgré l'obscurité, je crois avoir rcconnuCuillaume. Le gaillard aura donc pu s'échapper?... que m'importe?... Il a trop affaire de son côté pour me nuire... et dans quelques heures je ne craindrai plus ni lui... ni personne! Mais
' Le Chef, la Garle, Barbillon. Guillaume.
" Barbillon, le Chef, Guillaume.
"' Barbillon, Guillaume, le Chef, Soldats.
*•*" Martial, Cabot, Piquevinaigre, leLouchnn.
voilà le jour qui fient.. Ah!... pourquoi cette patrouille n'a-t-elle pas ramassé mes nobles
.unis?... ( tes m leurs portassent de différents côté* m regardant derrière eux.) i.ela m'aurait rendu un grand serf ice!... Mais les drôles onl le aex Irop fini... [Les voyant.) Minus. .. du sang-froid... songions à les bien entortiller.
CABOT, bas à Piquevinaigre, Laisse-moi lui parler... Je \as le coller sous bande. S pprochant et fredonnant. ) Je vous attends (Luis l'ombre de la nuit*...
MARTIAL. Tais ton bec, sansonnet... ou gare la cage! Songe que la police devient de jour en jour plus insupportable... Bientôt il u"\ aura plus moyen de rien faire...
i.i. i m i sojf. C'est embêtant!
MARTIAL. Aussi je crois que nous ferons aussi bien de liquider notre société.
cahot. Tu crois qu'il faut nous séparer?
M ai, 1 1 u. Le plus tôt sera le meilleur.
CABOT. Dam... en partageant la masse.
MARTIAL. Comment, la masse!... Est-ce que chacun n'a pas eu sa part ?
i \i;ot. Jusqu'à présent oui ; mais tu oublies quelque chose.
martial. Quoi donc?
CABOT. Les deux cent mille balles que tu vas toucher aujourd'hui !
mrs. Ah! ah!
mai; i i a i , à part. Ils savent tout!. .. [Cherhant à se donner de l'aplomb.) Messieurs, cette somme est la dot de mon épouse, et je ne puis i n disposer.
cahot. Et nous, nous te disons qu'il nous faut notre part.
1 1 s FOLbUBjS. Oui, certainement qu'il m us la faut.
MARTIAL. C'est une affaire à moi seul, et je la garde.
CABOT. Ah! c'est comme ça... tu l'avoues. Bien, le canal n'e.;t pas loin... Allons, haut, chacun un bras, chacun une jambe.
MARTIAL, à part. Diable! mais, c'est que Barbillon n'est pas là.
CABOT. A l'eau avec une pierre au cou ..
MARTIAL, avec beaucoup de sang- froid, pendant qu'ils le tiennent. Imbéciles... \ous en serez bien pins riches quand vous m'aurez noyé.
cauot. Alors, tu promets donc...
martial. Lâchez- moi, vous aurez faire part...
1U 11- làil.'jnt.
cahot. Nous foulons une garantie.
MARTIAL. Je \ous donne ma parole d'honneur.
Le Lonchon, Martial, Cabot, Piquovii.aigre.
cabot. J'aime mieux autre chose.
MARITAL. Eh bien , puisque ce gueux-là s'est caché dans quelque coin pour écouter...
CABOT. la, meinher.
martial. Il doit savoir que c'est aujourd'hui.
cabot. Ce matin.
martial. A la Villette.
cabot. Oue l'aimable douille doit t'èlre comptée.
MARTIAL. Eb bien, je vous invite tous à la noce.
cabot. Nous allions te le demander.
martial. Bah !
cabot. Oui, c'était notre plan... nous boirons, nous mangerons, nous trinquerons avec le beau-père, et nous ne te quitterons que lorsque tu auras aboulé la monnaie.
On lâche Martial.
martial. Allons, vous pensez à tout.
CABOT Mais tu n' vas pas t' marier attiffé comme ça?
MARTIAL. Je vais changer d'uniforme!* Il ôle son bourgeron, qu'il jette dans les pierres, ainsi que sa casquette , puis il se débarrasse de mauvais eltaussons de lisière sous lesquels sont des souliers remis; puis il passe la main dans sa coiffure, tire un claque de son habit ; en outre , il se débarrasse d'affreux danti de peau de lapin sous lesquels sont des gants glacés.) Quand on al'avantaged'être fiancé, il faut être présentable.
cahot. Et quand on est invité , il faut faire honneur aux dames.
Ils changent tous trois leurs costumes lestement, et paraissent en habits bourgeois.
martial Allons, fous êtes aussi malins que moi, et je renonce à vous mettre dedans.
TOUS* Vive Martial !
martial. Chut!... Voyons, ces deux messieurs seront mes amis de collège ; quant à ce vénérable patriarche, j'en fais mon parrain.
cahot, déguisé en vieux. Oui, je suis aéronante; j'ai découvert le moyen de m'élever dans les airs ; je compte sur mon dernier vol pour prendre ma retraite.
MARTIaT Parfait! A dix heures, soiez i xacts, messieurs et amis.
cahot. Sois tr&nquille, j'ai fait une bréguet qui \a très-bien**...
MARTIAL, saluant aces élégance. Messieurs, j'ai bien l'honneur.
cahot, de même. Comment donc, monsieur! c'est vous, au contraire.
martial, </ part. Ils croient me tenir, mais ils n'ont pas pensé à tout.
Ils se séparent. Le théâtre change.
Le Lonchon, PiijueN inaigre, Martial, Cabot. " Martial, Cabot, le Lonchon, Piquevinaigre.
LE CANAL SAINT-MARTIN
Bnmème tableau.
La fêle de la Villette. Le bassin avec les bateaux pavoises. La barrière Saint-Martin. A droite, l'entrée de la maison de
Laroche. Une porte d'entrée grillée.