‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 144 sur 1577 · BARRAS, BONAPARTE, JUNOT · texte numérisé non relu

BARRAS, BONAPARTE, JUNOT

BARRAS. Oui, mon cher Bonaparte, je vous ai demandé à la Convention pour commander sous moi.

Bonaparte. Je suis étonné, citoyen représentant, que la Convention soit allée chercher dans la retraite et dans l'oubli un officier disgracié par le minisire de la guerre Aubry, pour lui confier une mission aussi délicate. >

barras Je vous avouerai avec franchise que, dans ce dangereux moment, peu d'officiers généraux sollicitaient cette marque de confiance.

boxaparte Je le crois.

barras. Je me suis souvenu de vous, je me suis souvenu du siège de Toulon, de votre bravoure, de votre persévérance, et je vous ai désigné comme l'homme qu'il nous fallait.

boxaparte. Je ferai mon possible pour ne pas tromper vos espérances.

barras. D'après tous les rapports qui me sont arrivés cetle nuit, les seclionnaires semblent disposés à nous disputer vivement le terrain.

Bonaparte. Ce qui peut arriver de plus heureux à la Convention est une résistance armée; le succès mettrait évidemment la puissance et le droit de son côté.

barras. Mais pensez-vous que nous soyons en mesure pour disperser et forcer les rebelles?

boxaparte. Si l'on m'avait donné hier le commandement, j'aurais pu ce matin me rendre maître des différentes positions qui avoisinent les Tuileries et les quais. Les sectionnâmes, s'ils ont parmi eux quelque général qui entende la guerre, ne manqueront pas de s'emparer de la position de Saint- Roch. Cependant, aussitôt que les troupes de Mcnou seront réorganisées, je déboucherai par ces rues, pour isoler la section Lepelletier des autres sections révoltées. Quelques pièces de canon chargées à mitraille nous rendront facilement maîtres de la rue Saint- Ilonoré. Bien n'est encore perdu ; ici comme à Toulon, je réponds de tout si l'on veut me laisser agir.

barras. Vous êtes libre, je prends tout sur ma responsabilité; cependant, agir aussi hardiment serait peut-être une grande faute, car nous ignorons l'esprit de la population de Paris.

Bonaparte. Cette incertitude provient de l'hésitation du gouvernement : le peuple, ne voyant pas où l'on veut le conduire, reste impassible et désaffectionné ; cependant rien

oeûl été plus facile que de rallier tons

. -H-. Le mouvement <ni i vienl d'éclater est évidemment contre - revetationnaii

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mpathie du peuple. /-< 1 cri» d< i nation: vive la république! se font entendre.) Vive la nation! vive la république! ces cris ne prouvent rien j en guerre civile, tout le monde invoqne la patrie.

ji bot. Général, irai-je m'assurer de ce qui se pas*

BONAPARTE. Va, mais -ois prudent. ( Bonaparte examinant la position.] Oui . citoyen Barras, cette position est excellente, et Âlenoii n'aurail jamais ilù l'abandonner; il pourra nous en coûter cher pour la reprendre.

On i ni.'ii.l les cris de vive la Convention.

barras. Ce sont des amis !

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