‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1477 sur 1577 · GÉRALDINE, SURREY · texte numérisé non relu

GÉRALDINE, SURREY

SURREY

Pourquoi cette pâleur? pourquoi ces larmes?

GÉRALDINE

Tu ue sais donc pas ce qui s'est passé ?

SURREY

Eh bien!

GÉRALDINE

Tu as été trahi...

SURRET.

Trahi I

GÉRALDINE

Mon père est venu à moi tout-à-1'heure, il m'a regardé avec courroux... Géraldine, lord Surrey est un mauvais Anglais, a-t-il murmuré sourdement.

sdrrey, avec rage.

Ton père a dit cela? Oh! mon Dieu, pardonnez-lui, puisque c'est son père...

Hier, dans une taverne, il a insulté, il a laissé violer sous ses yeux l'autorité sainte delà loi... Qu'il y prenne garde, je ne joindrai pas mes armoiries aux siennes, si l'accusation portée contre lui le trouve coupable.

SURREY

Une accusation portée contre moi!... et par qui?

GÉRALDINE

Par lord Clinton...

surrey, éclatant.

Toujours Clinton! toujours ce serpent qui me pique! c'est une fatalité!... oh 1 malheur 1 malheur !...

GÉRALDINE

Espérons, Henri, puisque tu es innocent...

sit.rey.

Oui, je le suis j et tu le crois, toi, iuuu ange.

(Stu&Litill Oh! oui..

f-CRHF.Y.

Mais à ton père, cette vertu rigide et inflexible qu'un soupçon de déloyauté épouvante, ïl faudra de» preuves...

GÉRALDINE

Et ta parole, Henri, ta parole de gentilhomme?

La crcira-l-il?

GÉRALDINE

Et sa tendresse pour moi... oh! elle est bien vive et ne s'est jamais démentie.

SURRFY.

Eb bien \ oui , tu l'adjureras par mon serment et par son amour pour sa fille... une fille a des accens qui vibrent dans l'amc de son père.. Oh! il te croira, car, vois-tu, le perdre, c'est mourir.

GÉRALDINE

Hcuri.ledévoueinent est la plus belle vertu de? femmes , c'est la vfcrHè clc l'amour , et toi, mon ami, tues dignedetous les dévonemens... E!i bien! si mon père aveuglé m'ordonnait de renoncer a toi... oh! je te le jure par l'Évangile, ta Géraldine braverait pour t'appnrlcnir la volonté dé son père, et la coût et ses mépris, et la religion et ses ddatbèmes, tbus les malheurs et toutes les hontes; dis, si je te crois innocent, me crois-tu sincère?

SURREY

Je crois que ton ame est trop belle et trop sainte pour le monde des hommes.

GÉRALDINE

Notre amour n'est pas un de ceux qu'une cause frivole à fait naître et qu'un prétexte futile peut délier.

SURREY

Non, le soleil de Florence l'a réchauffé de sa brûlante haleine, il a inspiré mes vers, il a décoré mon front de la couronne des poètes, il a donné à mon courage la victoire dans les tournois, dont tu étais la reine, il a tout réuni autour de moi , gloire, célébrité et fortune. Tu es mon ange gardien, mon génie tutélaire.

GÉRALDINE

Être ton amante, Henri, est le plus glorieux de tous mes titres; devenir ton épouse, le plus brillant espoir de ma vie.

SURREY

Quiseréaliserabientôt, je l'espère. Le duc esta Whitt-Hall sans doute, je vais m'y rendre, et de-

| vant le roi, devant Ricbmond, devant Jean d'Oxford, qui étaient à la taverne avec moi, je démentirai Clinton , et lui offrirai le combat en champ

I clos, en témoignage de ma parole.

GÉRALDINE

Oh! mon ami...

SURREY

Pas de crainte, ma Géraldine, j'aurai, pour me soutenir, ton amour et mon droit, et pour triom- 1 puer, mou courage.

LORD SURREY

GÉRALDINE

Moi, Henri, je vais attendre dans l'oratoire de notre ami et prier pour toi.

Va, ma fiancée chérie, et la bénédiction de ton p§r% suivra de près ma vengeance. ( II la conduit dans l'oratoire, en ferme la porte, redescend prendre sa loque. ) Oui, oui, je me rends à White- Hall : si le roi est juste, il me pardonnera, et je saurai bien contraindre Clinton à m' accorder réparation.

r.icïiMOND, dehors, frappant avec précipitation.

Maître Cornélius, ouvrez, ouvrez de suite.

SURREY

C'est la voix de Richmond.

Il ouvre.

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