‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1479 sur 1577 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les Mêmes, CLINTON.

Il s'arrête au fond.

richmond, et tous les autres lords, avec surprise. Clinton 1

Clinton, à part.

Surrey! toujours ce favori sur mes pas!

surrey, se contenant à peine, à part.

Clintonl (Haut.) Soyez le bien venu, mylord; j'allais au-devant de vous.

CLINTON

Veniez-vous au-devant de moi avec là préten-

- tion de me donner une leçon de nécromancie? je vous préviens, comte, que je n'ai pas grande foi en votre savoir.

surrey.

Edouard Clinton, il est inutile d'appeler le magicien; s'il est vraiment savant et vraiment prophète, je sais ce qu'il doit vous révéler, et je me charge de vous l'apprendre.

CLINTON

Il est très-fâcheux pour votre santé si chère à tous qu'on ne vous surprenne jamais dans un instant naturel : ou bien vous raillez (le sarcasme vous sied à ravir), j'en conviens, ou bien vous élevez une voix irritée ; prenez garde, lord Howard, prenez garde !

SURREY

Pas d'ironie, mylord, elle sied mal au délateur.

CLINTON

Ne vous excitez pas trop , lord Howard , c'est pernicieux; demandez à Butts, le médecin du roi.

SURREY

Vous m'avez accusé d'outrage à la loi , et vous avez signé l'accusation.

CLINTON

Si le roi la rejetait, sa clémence serait une faute.

SURREY

Dites plutôt, l'accusation est un mensonge, et le nom de l'accusateur celui d'un lâche.

CLINTON

C'est un combat que vous provoquez, mylord?

A outrance, à mort!

CLINTON

Votre courroux est poétique.

SURREY

Quand ma poésie voudra flétrir un vil serviteur, un abject courtisan, elle saura où prendre son modèle.

CLINTON

Mauvais Anglais, qui oublie l'Angleterre pour un duell

SURREY

Elle me remerciera, car ma patrie est comme la France ; elle n'aime pas les lâches. richmond, à demi-voix.

Tu te perds!

CLINTON

Lord Howard, votre père, ce vaillant homme d'épée, vous a bien appris la bravade et la forfanterie.

SURREY

Il m'a appris aussi que Clinton est un homme sans foi et sans honneur.

CLINTON

Le duc de Norfolk jugeait lord Clinton comme l'Angleterre le jugeait lui-même.

SURREY

Oh! l'infâme I vous l'entendez, mylord, il insulte mon père, dont il a sali la mémoire, dont il a creusé la tombe ; il le flétrit encore, et devant soi: filsl 0 misérable favori! entre nous, vois-tu,

.inc implacable, dévorante... entre il faut du sang. ..Tiens, voilà mon

^ t, u^.-i--tu le ramaoiur?

clinton, ironiquement.

. , vous êtej foui SURHY.

Et vous, vous êtes infâme.

mcuMOND, à. Surrey.

Surrey, Surrey...

SCRRET.

Mais où a-t-il donc volé cette couronne de comte à neuf fleurons d'or? c'est une tache à celle d'Angleterre. Il refuse, n'est-ce pas?... mais à insulte publique vengeance publique... Le roi son souverain, qu'on dit rival deFrancois Ier en vaillance, l'archevêque de Cantorbery, son oncle, lord Gérald, comte de Keldar, dont il mendie les titres; tous ces lords aux blasons si nobles sauront à quelle dégradante flétrissure je l'ai soumis, ils en rougiront tous , et pour eux et pour lui, et ils te chasseront en disant que tu n'es pas leur fils, que tu n'es pas de leur sang, que tu es un bâtard, et que tu n'as pas le droit de porter un aussi noble insigne sur un cœur aussi lâche.

Ji lui Mraclieson collier.

richmond, cherchant à calmer Clinton, qui ne se contient plus.

Ah 1 mylord , de grâce , pardonnez son action insensée.

clinton. froidement.

Fils de Norfolk , regarde bien ce collier : le bruit qu'il a fait en tombant aura, je le jure, un écho sinistre dans toute l'Angleterre.

richmond, à Surrey.

Malheureux !

SCRUEY.

Je méprise ces menaces.

RICHMOND

Crains le courroux du roi.

SURREY

Le roi serait honteux d'un tel favori... Adieu , valeureux lord; ne restez pas debout, le poids de votre épée vous fatigue... Sortons, mylords, sortons...

Us sortent par le fond.

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