‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 148 sur 1577 · DE CAS! KI.LANE, SA1.Y1 "■ JLL1LN, SEC · texte numérisé non relu

DE CAS! KI.LANE, SA1.Y1 "■ JLL1LN, SEC

TIONXA1RES.

smxtji'LIEX. U paraît que les sections se maintiennent toujours dans les sentimens que non* désirons.

le comte. Encore quelques heures et la république française une et indivisible ne sera plus qu'une excellente monarchie, avec un roi par la grâce de Dieu.

le vicomte. Ces bons Parisiens sont les les plus commodes du monde à attraper; nous avons crié plus haut qu'eux : vive la liberté! et les voilà qui crient plus haut que nous : à bas la Convention ! Ce n'est pas pour le leur reprocher, mais nous leur avons fait de belles prome

Saint-julien. Le peuple ressemble aux enfans, il faut toujours tout lui promettre.

LE comte. Quitte ù ne rien tenir.

saint-julien. C'est parbleu bien comme je l'entends. Ah ça! nos hommes du lendemain sont-ils prêts à agir?

le vicomte. Aussitôt les conventionnels pendus ou fusillés, nous montons achevai, et nous proclamons Louis XVIII.

le comte. Et le gouvernement provisoire?

saint-julien. Il est nommé.

le vicomte. Ah ça ! pas de gens tièdes, pas d'hommes à double face, il nous faut des royalistes purs.

saint-julien. Messieurs, craignons d'aller trop vite ; il serait possible que les sections si long-temps abusées nous abandonnassent devant l'armée de la Convention.

LE vicomte. Belle armée! quatre mille cinq cents hommes réunis en toute hâte à la plaine des Sablons, sans chefs, sans généraux en réputation pour la commander.

Vous avez vu hier comme nous avons traité Menou.

le comte. On dit que Barras vient d'être nommé pour commander les troupes républicaines.

le vicomte. Grand général, ma foi ! un coquin calqué en petit sur le modèle de Néron, croyant pouvoir en même temps se gorger d'or, de plaisir et de sang.

SAINT-JULIEN. Je connais l'officier général qui commande sous ses ordres, c'est un homme à craindre.

le vicomte. Le petit Bonaparte! allons donc ! je vous promets de lui donner une bonne leçon.

On entend le rappel ; les tambours paraissent , suiïis «le nationaux et de sectioonaircs.

saixt-jli.iex, sur les marches de Sainl- Roch. < .iio\ens! vos sections vous convoquent ! Accourez défendre vos femmes, vus enfans, vos biens, qui sont tous memicés par une nouvelle l( rieur. La Con\ention, cette caverne infâme, veut encore nous décimer à l'aide de nouveaux Robespierre, de nouveaux Couthon, Saint-Ju&t et autres scélérats. Noua

L HOMME DU SIECLE

avons assez souffert. Réunissons-nous tous autour de l'autorité communale, renversons d'odieux tyrans et mettons promptement en activité cette belle constitution républicaine qui doit sauver la France el nous rendre le repos. Aux armes ! aux sections !

tous. Aux armes! aux sections!

le vicomte. Un moment, citoyens. L'ennemi doit déboucher par ces rues; embusquons-nous dans c» s oraisons, prenons position sur les marches de Saint-Sïoch, et défendons vaillamment Us approches de la section. Quels sont les braves qui veulent demeurer avec moi?

TOUS. Nous demeurons.

le vicomte, aux conjurés. Vous, mes amis, ne tardez pas à nous envoyer du renfort.

Saint-Julien et le comte se retirent. Les troupes de la Convention arrivent et se mettent en bataille ilans le manège ; Saint-Julien réparait a la tête d'un grand nombre de sectionnaires qui prennent position sur le théâtre.

Page 1