‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1518 sur 1577 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Entre AMINA, avec sa vieille grand'mère FARUCKNAZ, quelle conduit.

amina, regardant de tous côtés. Il n'est pas là... je ne le vois pas.

farucknaz. Prends donc garde, chère Amina, ne me fais pas march-.r si vite...

amina. Ah! grand'mère... il y a de si belles choses dans ces boutiques... ah! si vous pouviez voir comme moi !...

farucknaz. Oh! mon enfant, je sais que tu n'es pas curieuse ; tu n'es pas coquette non plus... veux-tu que je te dise, mon enfant, tu cherches quelqu'un ici.

AMINA. Quelqu'un?

farucknaz. Ton ami d'enfance, le jeune Sidi II ssao, qui dej uis quelque temps nous néglige beaucoup.

amina. 11 est vrai, grand'mère; n'avonsnous pas sujet d'être inquiètes de lui ?

FARUCKNAZ. Oui, oui, je suis inquiète... de son bon cœur et de ses sentiments... Un jour... tu n'étais pas encore née... il y a de ça vingt ans... j'étais occupée à filer du chanvre dans notre petite cabane près de Bassora, lorsque en revenant de la prière, ta pauvre mire trouva près de la mosquée un enfant qui tendait vers elle ses petites m lins tremblantes; émue de pitié, elle prit l'enfant, et comme elle n'en avait pas elle-même,

elle pensa que Dieu le lui avait envoyé ; il grandit, à côté de toi comme un frère... jamais on n'a pu découvrir sa famille... à quoi bon? puisqu'il en avait une... l'ont alla bien tant que sa bienfaitrice vécut ; mais depuis ne Dieu l'a rappelée à Lui, depuis trois ans, le' caractère du jeune Hassaa est bien changé; il est devenu rêveur, inquiet... Si tu avais un pou de cœur, tu ne devrais plus t'occuper de lui.

a\Jina. Eh! le puis-je? Vous et lui, ma bonne grand'mère, voi'à tout ce qui me reste ; au inonde.

Air : Dit bon Curé (de Paul Henrion).

Mon eiistence tout entière Est bornée à des souvenirs ; Le jour qui m'enleva ma mère M'a ravi bonheur et plaisirs; Si mon cœur est resté tel île, S'il regrette encore un ami.

C'est qu'avec lui je parlais d'elle, Comme je vous parle de lui.

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