‹ [Magasin théâtral (volume 2)Chapitre 1531 sur 1577 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, FARIBOUSSOUL, un petit paquet sous le bras.

fariboussoul, entrant mystérieusement et en se frottant les mains. Me voilà, frère, me voilà... Ma femme n'était pas à la maison. Quelle chance! J'ai pris mes meilleures nippes ; j'en ai fait un petit paquet , et pendant qu'elle n'est pas là.. . je vais. ..

camarzamour , lui appliquant un soufflet. Elle y est.. . et ça aussi.

fariboussoul. Ma femme! [Il laisse tomber le paquet.) Je l'aurais reconnue sans la voir.

camarzamour. Ah! vous aile/, aussi chercher une femme parfaite... Comme si vous n'aviez pas ce qu'il vous faut l

fariboussoll. Chère amie, c'est une erreur!... J'allais seulement lui faire la conduite... un bout de chemin... Ne vous inquiétez pas de !a dépense... c'est lui qui paye.. . Il est en fonds pour ça.

farucknaz, à Hassan. Au fait, voilà une heure que tu nous parles de voyager par tout l'univers... Quels moyens as-tu donc à ta disposition ?

HASSAN. Des talismans.

tous. Des talsmans !

fariboussoul. Rien que ça... et c'est bien simple... Il ne s'agit que de connaître ses numéros.

amina. Mais ce n'est pas possible.

hassan. Vous en doute/.? Tenez, voilà le sac qui les renferme... Je veux être vêtu comme un seigneur. (// lire un numéro.)

LE SAC V MALICES

// m trouve richement vêtu, et le n te dessine en traits de feu *u>- le mur du

fond

i \ [BOUSSOUL. 33, les deux bossus! Je me ferai habiller à «'Hic <'ii igne-là.

\min\, regardant Bais ». Est-il possible? Kst-ce bien lui?

HASSAN. Tu vois, petite su'ur... Eh bien! veux-tu aussi quelque jolie parure , toi qui n'as rien eu à la fête, et vous grand'mère, et vous aussi, voisine?

CAMARZAMOUR. Ail! OUi, V0V011S...

PARECKNAZ. In moineiit... c'est peut-être bien cher, ces habillements-là...

fariboussoul. On ne vous demande rien, la vie Ile.

farucknaz. J';-i lu jadis un vieux conte où il était question de talismans semblables. Chaque numéro représentait des semaines entières, et celui qui formait un souhait dé- ]>■ n-ait ainsi une partie de sa vie... Est-ce là ce qui t'arrive, Hassan?

HASSAN. Il est vrai.

AMINA. Ciel!

Hassan. .Mais qu'importe ! mon trésor est assez riche pour que je n'aie pas besoin de le ménager, et je veux, avani de partir... (Il porte la main aa sac et prend un numéro.)

amina, vivement. Non !. .. Sacrifier pour nous , pour moi une partie de votre existence...

Air de Teniers.

Ah ! fût-ce un jour, une heure, une minute I Ce serait trop ! . . . Je comprends la valeur De ces présents que chacun se dispute ! IU coûteraient trop cher à votre soeur !. . . Oui, de cette offre aisément acceptée J'aurais bien plus de honte que d'orgueil; Et la toilette à ce prix achetée Ne serait plus qu'une robe de deuil.

HASSAN. Al'ons! [Il laisse retomber te numéro dans le sac.)

CAMARZAMOUR, à part, ("est dommage !...

[Haut, à Fariboussoul.) Ainsi, grand sanscœur que vous êtes , vous vouliez voyager aux dépens des jours de votre ami !

FuunoussouL. Moi? Pas du tout, ma chère. En fait de talismans , quand il y en a pour un, il y en a pour deux. N'est-ce pas , Hassan ?

camarzamour. Taisez-vous, et au lieu de chercher une femme , prenez-moi vos filets , et allez pécher autre chose.

FARIROUSSOUL. Mais...

CAMARZAMOUR. Vous raisonnez, je crois?

Marchons, et plus vite que et.

fariboussoul. Très- bien !

An: : Ah! si ma dame me voyait.

Ali ! si j'avais un numéro '.

I laMzÛfODR.

Plaît-il? Qu'en voudriez-vous fairr- 7 Poursuivre, comme votre frère, Cet objet si rare et si beau ?

FAMBOOMOUL.

Non, ce n'est pas ce qu'il me faut.

Moi ! chercher avec tant de peine

Des femmes '. (A part) Je voudrais plutôt

Me débarrasser de la mienne. . .

Ah ! si j'avais un numéro ! . . .

Si j'avais un bon numéro!

Adieu, Hassan!...

hassan. Cher Fariboussoul !

CAMARZAMOUR. C'est bon, donuez-moi votre bras... Ah! je vous apprendrai ce que c'est qu'une femme parfaite. . Je ne vous lâche plus. [Elle entraîne Fariboussoul.)

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